Affaire Borrel : des scellés "importants" ont été détruits, Taubira ordonne une enquête

La veuve du juge Borrel, Elisabeth (au centre) et ses avocats, Olivier Morice (à droite), et, Laurent De Caunes (à gauche), lors d\'une conférence de presse, le 13 juin 2007, à Paris. 
La veuve du juge Borrel, Elisabeth (au centre) et ses avocats, Olivier Morice (à droite), et, Laurent De Caunes (à gauche), lors d'une conférence de presse, le 13 juin 2007, à Paris.  (MIGUEL MEDINA / AFP)

Des scellés "importants" ont été détruits par les services judiciaires, "compromettant la poursuite de l'enquête" sur l'assassinat du magistrat français Bernard Borrel, retrouvé mort près de Djibouti en 1995. 

Des scellés "importants" ont été détruits par les services judiciaires, "compromettant la poursuite de l'enquête" sur l'assassinat du magistrat français Bernard Borrel, retrouvé mort près de Djibouti en 1995. "C'est un désastre judiciaire", estime, jeudi 12 novembre l'avocat Olivier Morice, qui défend la veuve du magristrat. Parmi ces scellés, un briquet, une sandale et des bidons d'essence retrouvés sur les lieux. 

Peu de temps après cette révélation, la garde des Sceaux a ordonné, jeudi, qu'"une inspection" soit diligentée. La garde des Sceaux, Christiane Taubira, "a immédiatement saisi l'Inspection générale des services judiciaires" et "prendra les décisions qui s'imposent au vu des conclusions de cette inspection", indique le ministère de la Justice.

Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d'un ravin, à 80 km de Djibouti. L'enquête française, ouverte depuis 1997, a d'abord privilégié la thèse du suicide, avant de se réorienter sur celle d'un assassinat.

"Une tentative d'assassinat du dossier"

La cour d'appel de Paris a demandé, en septembre, que de nouveaux actes soient effectués. Notamment l'analyse d'une sandale, d'une trace sur un briquet et du carburant utilisé pour l'immolation.

"Ces scellés ont été détruits, les services invoquant le fait qu'un non-lieu a été rendu dans le dossier, ce qui est complètement faux", estime Me Morice. "C'est une tentative d'assassinat du dossier qui pourrait compromettre la condamnation des auteurs", explique pour sa part Elisabeth Borrel, la veuve du magistrat. Pour elle, l'assassinat de son mari est "un crime d'État qui pourrait impliquer l'actuel président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh", alors chef de cabinet du président Hassan Gouled Aptidon.

L'affaire Borrel a empoisonné pendant plusieurs années les relations entre Paris et son ex-colonie, où la France dispose d'une de ses premières bases militaires à l'étranger.