Pologne : le gouvernement recule sur l'interdiction presque totale de l'avortement

Des femmes défilent lors du \"lundi noir\", le 3 octobre 2016, à Bruxelles (Belgique), pour protester contre la proposition de loi interdisant presque totalement l\'avortement en Pologne.
Des femmes défilent lors du "lundi noir", le 3 octobre 2016, à Bruxelles (Belgique), pour protester contre la proposition de loi interdisant presque totalement l'avortement en Pologne. (WIKTOR DABKOWSKI / AFP)

La grève et la manifestation organisées par les Polonaises, lundi, semblent avoir porté ses fruits. Le parlement doit se prononcer définitivement jeudi.

Une victoire pour les dizaines de milliers de femmes qui ont manifesté lundi. Les conservateurs au pouvoir en Pologne ont voté, mercredi 5 octobre, en commission parlementaire pour le rejet de la proposition de loi interdisant presque complètement l'avortement. Ce vote traduit le renversement opéré par le parti Droit et Justice (PiS), qui s'était jusqu'à présent montré favorable au durcissement de sa législation anti-IVG, déjà l'une des plus restrictives de l'Union européenne.

"Le PiS a composé avec sa conscience, car il a eu peur des femmes descendues dans la rue", a déclaré l'ancienne Première ministre libérale, Ewa Kopacz, membre de la commission de la Justice. Mais elle a souligné que "la bataille n'était pas terminée", car il fallait encore que le rejet soit approuvé par l'ensemble des députés, probablement jeudi.

Une "leçon d'humilité"

Mardi déjà, les conservateurs avaient amorcé un début de tournant, à travers une déclaration de la Première ministre, Beata Szydlo, qui rappelait que la proposition de loi était une initiative citoyenne et ne venait pas de son gouvernement. "Le gouvernement PiS n'a pas travaillé et ne travaille pas sur une loi changeant les dispositions actuelles en matière d'avortement", avait-elle déclaré lors d'une conférence de presse.

Le ministre de la Science et de l'Enseignement supérieur, Jaroslaw Gowin, est allé plus loin, déclarant à une radio locale qu'un "projet d'interdiction de l'avortement ne passerait pas (concernant les cas) lorsque la femme avait été victime d'un viol" ou lorsque sa santé ou sa vie étaient en danger. Les protestations de lundi "nous ont fait réfléchir et nous ont donné une leçon d'humilité", a-t-il ajouté.

De son côté, l'épiscopat catholique a souligné, mercredi, qu'il était opposé à la peine de prison pour les femmes ayant avorté, inscrite dans la proposition de loi.