"Nous ne laisserons pas la rue aux mains des anti-IVG" : des militantes accrochent cintres et affiches pour défendre le droit à l'avortement

 Le collectif Insomnia a accroché 1 000 affiches en faveur du droit à l\'avortement, à Paris, dans la nuit du 16 au 17 janvier 2017.
Le collectif Insomnia a accroché 1 000 affiches en faveur du droit à l'avortement, à Paris, dans la nuit du 16 au 17 janvier 2017.(PAULINE MAKOVEITCHOUX)

Le collectif Insomnia a accroché 1 000 affiches à Paris, dans la nuit du 16 au 17 janvier, en réponse à la campagne d'affichage anti-IVG du mouvement En marche pour la vie.

"Non au retour au cintre en mai 2017." C'est l'un des slogans que l'on pouvait lire dans les rues parisiennes, mardi 17 janvier. Le collectif Insomnia a accroché un millier d'affiches agrafées sur des cintres, à l'occasion de l'anniversaire de la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse. "A une époque où les mouvements anti-IVG sont de plus en plus virulents, ce droit fondamental est de nouveau placé sur le devant de la scène politique à l’approche des élections présidentielles", explique le collectif dans un communiqué. Franceinfo a interrogé une militante ayant participé à l'action. Elle a souhaité garder l'anonymat.

Franceinfo : En quoi votre action a-t-elle consisté ?

La militante du collectif Insomnia : Dans la nuit de lundi à mardi, avec une vingtaine d'activistes, nous nous sommes réparties dans tout Paris pour accrocher 1 000 cintres, symboles de l'avortement clandestin, et affiches. Notre but est de revendiquer le droit à l'IVG face à la montée des mouvements anti-avortement. Nous avons visé le centre de Paris mais aussi des lieux symboliques : les pharmacies, les églises… Une affiche spéciale a par exemple été accrochée devant Le Figaro, après la publication de publicités anti-IVG dans les pages de ce journal.

S'agit-il aussi d'une réponse à la campagne anti-IVG d'En marche pour la vie

Oui, c'est une riposte sur le terrain. Il fallait répondre, en tant que femmes et en tant que militantes féministes. Nous voulions réinvestir la rue et ne pas la laisser aux mains des mouvements anti-IVG. Leurs mouvements sont composés d'hommes qui veulent encore une fois exercer un contrôle sur le corps des femmes. Nous n'accepterons pas cela et continuerons à nous battre. 

Qu'espérez-vous de cette action ? 

Nous souhaitons que le droit à l'IVG soit inscrit en tant que droit constitutionnel. Nous avons mené cette action pour choquer, interpeller et sensibiliser le grand public à cette question, pour faire prendre conscience que ce droit paraît acquis, mais qu'il est souvent remis en cause aujourd'hui.

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