Irlande : les opposants à l'IVG veulent convaincre jusqu'au dernier moment

Les militants anti-avortement continuent leurs actions à la veille du scrutin sur la légalisation de l\'IVG prévu le vendredi 25 mai.
Les militants anti-avortement continuent leurs actions à la veille du scrutin sur la légalisation de l'IVG prévu le vendredi 25 mai. (GAELE JOLY / RADIO FRANCE)

L'Irlande se prépare à un référendum historique, vendredi 25 mai, sur la légalisation de l'avortement. Alors que les sondages donnent une légère avance au camp du "oui", les opposants à l'IVG ne ménagent pas leurs efforts pour rattraper leur retard.

Les Irlandais diront vendredi 25 mai par référendum s'ils souhaitent que l'avortement soit légalisé dans leur pays. Selon les sondages, le "oui" aurait une légère avance sur le "non". À la veille du scrutin, les opposants à l'IVG se mobilisent encore pour l'emporter.

Référendum sur l'IVG en Irlande : les partisans du "non" tentent de rattraper leur retard dans les sondages - un reportage de Gaële Joly
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Elles sont deux, à l'entrée de Trinity College, la prestigieuse université de Dublin. Mary et Eugeny, deux grands-mères, ont du mal à convaincre. Elles font même fuir les étudiants avec leurs photos de fœtus à la main. Mais pas de quoi les décourager. "On est venu là exprès voir ces jeunes, explique Mary, parce qu’on a le sentiment que cette population a subi un lavage de cerveau. Ils ont l’esprit très étriqué, ils disent qu’on vit hors des réalités mais nous, on a l’expérience de la vie."

J’ai des enfants et des petits enfants et un bébé c’est un bébé. On ne veut pas que des bébés soient tués dans notre pays.Mary, militante anti-IVGà franceinfo

Une jeune fille au bord des larmes s’approche du groupe pour les prendre à partie. "Vous vous rendez compte que, si je suis violée et que je veux avorter, je risque de passer plus de temps en prison que celui qui m'a agressée ? 14 ans de prison !" Les militantes rétorquent : "Vous ne voyez pas que ce sont des êtres humains ?" 

"Difficile de convaincre"

"C’est très difficile de les convaincre parce qu’ils ont été conditionnés, soupire Eugeny. Ce genre de personne ne reconnaît pas le bébé comme ayant une quelconque humanité." Ces militantes sont persuadées qu’avec l’aide de Dieu, le "non" va l’emporter vendredi.

À quelques mètres de là, les partisans du "oui" observent, le sourire aux lèvres. "C’est vrai que les sondages sont bons, estime l'un d'eux. Dans la rue, les gens sont plutôt réceptifs. Il y a plus de gens qui semblent être pour le 'oui' que pour le 'non'. Mais ça me rend un peu triste de voir des femmes qui s’activent pour le 'non' alors que c’est tellement dur pour les femmes d’avorter". L'homme conclut : "On a hâte que tout ça se termine."

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