Etats-Unis : le Missouri refuse de renouveler la licence de la seule clinique de l'Etat pratiquant des IVG

La clinique de Planned Parenthood, dernière de l\'Etat du Missouri à pratiquer des IVG, à Saint-Louis (Etats-Unis), le 30 mai 2019. 
La clinique de Planned Parenthood, dernière de l'Etat du Missouri à pratiquer des IVG, à Saint-Louis (Etats-Unis), le 30 mai 2019.  (SAUL LOEB / AFP)

La structure, située dans la ville de Saint-Louis, reste cependant ouverte, dans l'attente d'une décision de justice. 

Le droit à l'avortement en sursis dans le Missouri (Etats-Unis). L'Etat du centre des Etats-Unis a formellement refusé de renouveler la licence de la dernière clinique de l'Etat à pratiquer des avortements, vendredi 21 juin. La structure reste cependant ouverte, dans l'attente d'une décision de justice. 

"Aujourd'hui, les autorités sanitaires du Missouri ont détourné un processus administratif pour refuser l'autorisation de pratiquer des avortements" à la clinique de Saint-Louis, dans le centre du pays, a tweeté Planned Parenthood, qui gère la structure. "Le sort de l'accès à l'avortement est désormais aux mains d'un tribunal", a ajouté l'organisation de planning familial.

Si la décision des autorités est finalement validée, le Missouri deviendra le premier Etat américain sans accès à l'avortement depuis près d'un demi-siècle. Les autorités du Missouri avaient laissé expirer la licence de la clinique de Saint-Louis parvenue à son terme, le 31 mai. Un juge de la ville, saisi en urgence, l'avait autorisée à poursuivre les interruptions volontaires de grossesse (IVG), en attendant un examen du dossier sur le fond.

Afin de rendre une décision motivée, ce juge, Michael Stelzer, avait ordonné à l'Etat de se prononcer clairement pour ou contre le renouvellement de la licence avant une audience, ce vendredi. 

Offensive contre le droit à l'avortement

Le droit à l'avortement est garanti depuis 1973 par la Cour suprême des Etats-Unis tant que le foetus n'est "pas viable", c'est-à-dire vers la 24e semaine de grossesse. La haute juridiction autorise toutefois les Etats à légiférer pour encadrer la pratique des IVG, à condition qu'ils n'imposent pas de "fardeau injustifié" aux patientes.

Plusieurs Etats du centre et du sud du pays ont imposé de nouvelles conditions aux cliniques, si bien que six d'entre eux n'ont plus qu'une seule structure pratiquant des avortements, contre plus de 150 en Californie. Des Etats conservateurs, dont la Géorgie, le Missouri ou le Mississippi, ont par ailleurs adopté depuis quelques mois des lois interdisant d'avorter dès la huitième semaine de grossesse, ou dès que les battements de cœur du foetus sont détectables (six semaines), en violation flagrante avec la jurisprudence de la Cour suprême.

Ces lois devraient être invalidées en justice mais leurs promoteurs ont l'intention de faire des recours en cascade jusqu'à la Cour suprême, dans l'espoir que les juges conservateurs nommés par Donald Trump la fassent revenir en arrière.

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