Avortement : le combat le plus difficile de Simone Veil

France 3

Décédée vendredi 30 juin, Simone Veil avait fait adopter la loi légalisant l’avortement. Avec ce combat, elle est entrée dans l’histoire.

Mai 1974, Simone Veil est nommée ministre de la Santé. Le président Valéry Giscard d’Estaing la charge de rédiger un projet de loi légalisant l’avortement. Depuis plusieurs années, les femmes demandent de pouvoir interrompre leurs grossesses en toute légalité.
Le 26 novembre 1974, Simone Veil présente son projet devant l’Assemblée, constituée essentiellement d’hommes : "Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme, je m’excuse d’avoir à le faire devant une Assemblée presque exclusivement composée d’hommes, aucune femme ne recours de gaité de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame, et cela restera toujours un drame".

Des attaques violentes de la part de la droite

La gauche applaudit, tandis que la droite reste silencieuse. Suivront trois jours de débats, marqués par de violentes attaques, de la part de la majorité. Simone Veil supporte toutes formes d’injures, certains allant même jusqu’à comparer l’avortement à des crimes nazis. Des violences dont l’ancienne déportée se souvenait encore 30 ans plus tard. "C’était d’une telle médiocrité, d’une telle vulgarité. J’ai surtout ressenti quelque chose de collectif. Je me suis dit, ce sont des gens qui perdent la tête et qui sont pris par le machisme ambiant. C’était vécu comme une violence terrible contre les femmes", racontait-elle en 2004.
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