Avortement : "L'Argentine est prête", assurent des militantes réclamant la légalisation au pays du pape François

Le 28 septembre 2018 à Buenos Aires, le premier défilé des femmes après le rejet du projet de loi sur l\'avortement par le Sénat argentin. 
Le 28 septembre 2018 à Buenos Aires, le premier défilé des femmes après le rejet du projet de loi sur l'avortement par le Sénat argentin.  (EITAN ABRAMOVICH / AFP)

À l'occasion de l'organisation du G20 en Argentine vendredi et samedi, regard sur un pays divisé par le débat sur l'avortement. Le refus de sa légalisation par le Sénat, l'été dernier, n'a pas atténué la mobilisation des militantes. 

Emmanuel Macron effectue jeudi 29 novembre une visite à Buenos Aires, avant de participer vendredi et samedi à un sommet du G20 en Argentine. Un pays marqué par un débat très vif sur l'avortement, dont le Sénat a rejeté la légalisation en août dernier. Depuis, des manifestations se succèdent en faveur de l'IVG au pays du pape François.

L'Église montrée du doigt

Mardi dernier, une centaine de femmes se sont retrouvées devant le palais de justice de la capitale argentine pour réclamer, une fois de plus, la légalisation de l’avortement. Portant au cou, au poignet des foulards verts, symboles de leur lutte, elles ont entonné leur chant de ralliement, en scandant "Aujourd’hui et toujours". Depuis le refus du 9 août, Florencia n’a jamais baissé les bras et considère qu'il y a une priorité. "Il faut limiter l’intervention de l’Église et des religions sur les questions de l’État, réclame-t-elle, parce qu’ici en Argentine, l’Église a beaucoup de pouvoir."

Mercedes affirme que son pays est désormais en état d'effectuer cette révolution. "L'Argentine est prête. Une majeure partie de la population est en faveur de l’avortement, lance-t-elle. Cela a cessé d’être un tabou, un sujet dont on ne parlait pas, qui relevait du domaine privé, de l’intimité. C’est rentré dans la sphère publique." Selon cette Argentine, près de 70 % des habitants seraient favorables à la légalisation de l'IVG.

Des débats en famille

Après le rejet du Sénat, des Argentins ont souhaité se faire débaptiser. Les cris, les revendications de ces femmes semblent avoir éveillé les consciences, y compris celle de leurs familles. Natalia a pu constater le changement dans son propre cercle. "Ma mère est très catholique. Elle était contre l’avortement, le mariage pour tous. Aujourd’hui, après avoir écouté les femmes, m’avoir écoutée, écouté ma fille, elle a changé de position", affirme-t-elle. 

En 2019, un nouveau projet de loi devrait être présenté au Sénat. Les Argentines savent que tôt ou tard l’avortement sera légalisé dans leur pays. Mais elles n'ignorent pas qu’il faudra, ensuite, continuer la bataille afin de préserver un droit obtenu de haute lutte.

En Argentine, la mobilisation toujours active en faveur de la légalisation de l'avortement - un reportage de Cyril Graziani
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