Violences sexistes et sexuelles à l'Unef : "Les hommes affichaient leur tableau de chasse", témoigne une ex-militante

Etudiantes et étudiants dans un amphithéâtre, ici à Toulouse en faculté de droit économie et gestion.
Etudiantes et étudiants dans un amphithéâtre, ici à Toulouse en faculté de droit économie et gestion. (MAXPPP)

Hélène a signé une tribune publiée dans le journal "Le Monde" dans laquelle plus de 80 anciennes syndicalistes de l'Unef dénoncent des violences sexistes et sexuelles dans l'organisation étudiante. "C'était récurent, quotidien", témoigne-t-elle.

Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, 83 anciennes syndicalistes de l'Union nationale des étudiants de France (Unef) ont dénoncé mardi 28 novembre les violences sexistes et sexuelles, dont des viols, commis, selon elles pendant des années par des dirigeants de l'organisation. Hélène, ancienne membre de l’Unef et signataire de la tribune, témoigne sur franceinfo.

franceinfo : De quoi avez-vous été victime ou témoin à l'Unef ?

Hélène : Toutes les jeunes femmes qui ont milité à l'Unef, au moins dans ma génération, ont subi du harcèlement, c'était récurrent, quotidien. C'était des questions sur notre sexualité, une mentalité viriliste qui faisait que les hommes de l'organisation affichaient leur tableau de chasse et écrivaient des choses en termes crus, y compris dans le but de nous mettre mal à l'aise. D'autres jeunes femmes ont commencé à nous raconter des choses bien plus graves, de l'ordre d'agressions et plus. Nous sommes en train d'accompagner ces jeunes femmes.

Pourquoi est-ce que personne n'a rien dit ?

Parce qu'il y avait une banalisation et réussir à faire la différence entre ce qui était acceptable ou pas devenait difficile, tellement c'était quelque chose de récurrent et quotidien. Certaines ont tenté de le faire et ont été écartées de l'organisation. Nous avons décidé de briser ce silence parce que certaines portaient ce poids depuis des années et que le mouvement global de libération de la parole nous a convaincu qu'on devait aussi participer à ce mouvement et nous libérer de ce qu'on a pu subir.

Qu'attendez-vous de cette tribune publiée dans Le Monde ?

On attend d'être crues et la reconnaissance de ce qui s'est passé. L'Unef, depuis quelques temps déjà, a commencé à mettre en place des choses pour écouter la parole des femmes qui ont été victimes. On souhaite que ça continue. Ça s'est passé à l'Unef mais on pense qu'il a pu y avoir des faits similaires que dans d'autres organisations.

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