VIDEOS. #balancetonporc : Nicole Belloubet incite les femmes victimes de harcèlement à "porter plainte"

FRANCE INTER / RADIO FRANCE

La ministre de la Justice Nicole Belloubet s'est déclarée, mardi sur France Inter, "extrêmement impressionnée par la puissance" du mouvement #balancetonporc sur Twitter.

La ministre de la Justice Nicole Belloubet s'est dite, mardi 17 octobre sur France Inter, "extrêmement impressionnée par la puissance" du mouvement #balancetonporc sur Twitter. La garde des Sceaux a incité les femmes victimes de violences sexistes ou sexuelles à "aller porter plainte".

Témoignage d'un malaise dans notre société

Ce mouvement sur le réseau social "est un déferlement qui témoigne d'un malaise, dans notre société, dans les rapports entre les femmes et les hommes, a expliqué Nicole Belloubet, avant d'ajouter que "c'est aussi une invitation à agir pour ne pas laisser cet état de fait en l'état".

Selon la garde des Sceaux, il faut que "les femmes qui ont réellement subi des violences de cette nature-là, et celles qui s'estiment puissamment choquées, puissent porter plainte". Nicole Belloubet a incité les auteures de témoignage "à aller porter plainte. C'est un mouvement sur lequel il faut aller jusqu'à une traduction judiciaire, si cela peut se faire".

Nicole Belloubet s'est dite par ailleurs également "mal à l'aise" vis à vis de l'intitulé du hastag #balancetonporc : "Je trouve que c'est très violent. Il y a, dans le mot 'porc' et dans le mot 'balance', deux notions qui ne sont pas celles que l'on voudrait voir régir notre société : c'est à la fois la dénonciation et le profond irrespect qui résultent de ces pratiques." La ministre de la Justice, pour qui ces termes sont "volontairement choquants", a estimé qu'ils ont le mérite d'avoir "incité à libérer la parole".

Il est important, même à titre symbolique, qu'il puisse y avoir ce type de contraventions contre le harcèlement de rue

Nicole Belloubet
ministre de la Justice

à France Inter

Interrogée sur le harcèlement de rue, que le gouvernement veut permettre de verbaliser, dans le cadre d'un projet de loi prévu pour l'an prochain, Nicole Belloubet a renvoyé la balle au groupe de travail composé de parlementaires qui réfléchit sur ce sujet : "C'est une notion qui doit être définie. Je ne sais pas s'il faut d'ailleurs employer le mot de 'harcèlement', tout dépend de ce qu'on veut faire in fine."

La ministre de la Justice a expliqué ne pas savoir "si on doit ajouter un nouveau délit, qui suppose une loi pénale et un arsenal juridique assez lourd, ou bien si on pourrait qualifier ces situations dans la rue d'outrages sexistes qui pourraient entraîner une contravention, une verbalisation, et qui dès lors serait plus rapidement mis en place".