VIDEO. Qui sont les douze femmes qui accusent Roman Polanski de viol ou d’agression sexuelle ?

Après l'affaire Samantha Geimer, pour laquelle il reste poursuivi aux Etats-Unis, le réalisateur Roman Polanski fait face aux accusations de viol ou d'agression sexuelle de onze autres femmes. Qui sont-elles ? "Complément d'enquête" diffuse le 17 septembre un documentaire sur "l'accusé Polanski", dont voici un extrait.

Ces trois dernières années, outre Samantha Geimer (née Gailey) et Charlotte Lewis, dix autres femmes mettraient en cause Roman Polanski, lequel conteste ces nouvelles accusations de viol ou d'agression sexuelle. Les faits qu'elles dénoncent auraient tous plus de quarante ans. Ils sont anciens, et seraient tous prescrits. Il y a donc peu de chances qu'il y ait un jour un procès.

Celles qui témoignent publiquement

Cinq de ces femmes témoignent publiquement, et leur visage est connu. Robin M. affirme avoir été agressée sexuellement par le cinéaste en 1973, à l'âge de 16 ans. Renate Langer, une ancienne actrice allemande, dit avoir été violée à deux reprises alors qu'elle avait 15 ans. Marianne Barnard, artiste américaine, déclare avoir été agressée sexuellement lors d'une séance photo sur une plage de Californie. Elle n'avait que 10 ans. Mallory Millet, ex-actrice américaine, assure que Roman Polanski a essayé de la violer à deux reprises, sans y parvenir. Elle avait 29 ans. La dernière en date, l'ancienne actrice et photographe française Valentine Monnier, dit avoir été violée et frappée par le réalisateur à Gstaad, quand elle avait 18 ans.

Un site créé en 2017 "pour recueillir la parole des femmes"

Cinq accusatrices se seraient manifestées anonymement sur internet. Ces cinq témoignages anonymes auraient été déposés sur un site créé en 2017 "pour recueillir la parole des femmes", selon son fondateur. Celui-ci se nomme Matan Uziel. Cet homme de 35 ans, de nationalité israélienne, se présente comme un ancien agent de mannequins. Les faits se seraient déroulés entre 1969 et 1976, et certaines des victimes présumées auraient été très jeunes : trois fillettes de 9, 10 et 12 ans, et deux jeunes filles de 15 et 16 ans. Mais leurs accusations ne sont que étayées que par très peu de détails. "Concrètement, pour l'instant, [Matan Uziel] ne met pas de preuves sur la table", souligne la journaliste Doan Bui. 

De plus, ses méthodes sont contestées. Le fondateur de ce site très ciblé, baptisé imetpolanski.com ("J'ai rencontré Polanski.com"), a par exemple offert pendant un temps une récompense de 20 000 dollars pour tout renseignement mettant en cause le cinéaste. Matan Uziel a refusé de mettre les journalistes en relation avec ces femmes, et n'a pas donné suite à nos demandes d'interview. Roman Polanski, lui, a porté plainte pour diffamation contre l'activiste. Le cinéaste s'est finalement rétracté : selon la presse, il craindrait une extradition vers les Etats-Unis s'il devait témoigner devant les tribunaux israéliens... 

Extrait de "L'accusé Polanski", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 17 septembre 2020.

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