Une journaliste allemande porte plainte contre Valéry Giscard d'Estaing pour agression sexuelle

L\'ancien président Valéry Giscard d\'Estaing répond à une interview de l\'agence AP, le 30 janvier 2020, à Paris.
L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing répond à une interview de l'agence AP, le 30 janvier 2020, à Paris. (MICHEL EULER/AP/SIPA)

L'ancien président français, âgé de 94 ans, est accusé d'avoir, en décembre 2018, posé ses mains à trois reprises sur les fesses de la trentenaire. "Il ne se souvient de rien", répond son entourage.

Une journaliste allemande affirme avoir déposé plainte pour agression sexuelle contre l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, l'accusant de lui avoir touché plusieurs fois les fesses en 2018. Révélé par Le Monde et le Süddeutsche Zeitung (article en allemand), mercredi 6 mai, ce dépôt de plainte a été effectué le 10 mars auprès du parquet de Paris.

"J'ai décidé de raconter mon histoire parce que je pense que les gens doivent savoir qu'un ancien président français a harcelé sexuellement une journaliste, en l'occurrence moi, après une interview", explique à l'AFP Ann-Kathrin Stracke, journaliste de 37 ans travaillant pour la télévision publique allemande WDR.

"J'ai encore essayé de le repousser"

Selon elle, l'ex-chef de l'Etat (1974-1981) lui a, à trois reprises, posé la main sur les fesses lors d'une interview réalisée dans son bureau parisien le 18 décembre 2018. "Après l'interview, j'ai demandé à pouvoir faire une photo avec M. d'Estaing et mes collègues, déclare Ann-Kathrin Stracke. Cette photo a été prise par son assistante qui était dans la pièce. J'étais debout à gauche de VGE."

Pendant la photo, il a mis sa main sur ma taille gauche, qui a ensuite glissé plus loin vers mes fesses et est restée là.Ann-Kathrin Strackeà l'AFP

Une situation qui se serait répétée à deux autres reprises, juste après, lors d'une nouvelle photo, puis alors que l'actuel membre du Conseil constitutionnel lui montrait des anciennes images de lui aux côtés d'autres chefs d'Etat ou de sa famille. "J'ai encore essayé de le repousser, mais je n'ai pas réussi", précise la journaliste.

Ann-Kathrin Stracke, journaliste de la chaîne publique allemande WDR.
Ann-Kathrin Stracke, journaliste de la chaîne publique allemande WDR. (WDR)

Pour se libérer de cette situation qu'elle qualifie de "très dégradante", Ann-Kathrin Stracke affirme avoir obtenu l'aide de son cameraman. Celui-ci a cherché à faire diversion en renversant un abat-jour et en plaçant une chaise entre l'ancien président et la journaliste.

Une version confirmée par le cameraman

De retour à son bureau, elle fait part de cette situation à son employeur, qui prend l'histoire au sérieux et a décidé de lancer une enquête indépendante. "La WDR a accompagné et soutenu Ann-Kathrin Stracke depuis que l'incident a été connu, même lorsqu'elle a décidé de porter plainte", a déclaré une porte-parole de la chaîne de télévision.

Selon Le Monde, le cameraman a confirmé le récit de sa collègue, décrivant une attitude de Valéry Giscard d’Estaing "inappropriée, venant d’un ancien chef d’Etat". La preneuse de son, en revanche, a refusé de témoigner, sans donner d'explication, précise le quotidien.

"Il ne se souvient de rien", dit l'entourage de VGE

Le directeur de cabinet de Valéry Giscard d'Estaing assure aux deux quotidiens que l'ancien président, aujourd'hui âgé de 94 ans, ne garde "aucun souvenir de sa rencontre" avec la journaliste. "Si ce qui lui est reproché était vrai, il en serait bien sûr navré, mais il ne se souvient de rien", affirme Olivier Revol.

Interrogé par l'AFP et franceinfo, le parquet de Paris n'a pas donné suite à ce stade.

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