Une association de prévention de la pédophilie visée par une enquête pour "non-dénonciation de crime commis sur mineurs de moins de 15 ans"

Capture d\'écran du visuel accompagnant la plateforme de signalement mis en place par le ministère de l\'Intérieur pour les victimes de violences sexistes et sexuelles. 
Capture d'écran du visuel accompagnant la plateforme de signalement mis en place par le ministère de l'Intérieur pour les victimes de violences sexistes et sexuelles.  (WWW.INTERIEUR.GOUV.FR)

Cette enquête a été ouverte le 19 mai, après un signalement anonyme effectué sur la plateforme contre les violences sexistes et sexuelles.

L'association de prévention de la pédophilie L'Ange bleu est soupçonnée d'avoir recueilli des témoignages de pédocriminels sans en avoir avisé la justice. Elle est visée par une enquête, ouverte le 19 mai, pour "non-dénonciation de crime commis sur mineurs de moins de 15 ans", a appris l'AFP auprès du parquet de Paris, mardi 23 juin. Selon une source proche du dossier, la Brigade de protection des mineurs a ouvert cette enquête après un signalement anonyme effectué sur la plateforme contre les violences sexistes et sexuelles

Fin mai, plusieurs associations de protection de l'enfance et de lutte contre les violences sexuelles, parmi lesquelles Innocence en danger, avaient annoncé dans un communiqué avoir envoyé au parquet des signalements pour qu'il fasse la lumière "sur les agissements de Latifa Bennari", la présidente de L'Ange bleu. Celle-ci réunit chaque mois depuis 1998 pédophiles abstinents et agresseurs pour un groupe de parole qui associe aussi des victimes.

"Ce n'est pas à moi de me substituer à la victime"

Dans ce communiqué, les associations dénonçaient des propos de Latifa Bennari, notamment lors d'une interview accordée en août à Europe 1, au cours de laquelle elle avait déclaré ne pas dénoncer les pédophiles passés à l'acte. "Je ne dénonce pas parce que je ne me substitue pas à la victime (...) parce que (...) beaucoup de victimes veulent ou voulaient juste comprendre", avait-elle déclaré. "Il est à craindre de nombreuses victimes étouffées par le silence des mots et la protection apportée par cette association", a déclaré la présidente d'Innocence en Danger, Homayra Sellier, citée dans le communiqué.

Latifa Bennari a dénoncé mardi auprès de l'AFP des "propos mensongers" relayés par des associations qui agissent "par haine et par vengeance". "Mon rôle n'est pas dénoncer, mon rôle c'est l'écoute. Ce n'est pas à moi de me substituer à la victime, c'est à elle, ou à ses parent si elle est mineure, de déposer plainte. Mais je peux les orienter dans cette démarche", a-t-elle ajouté, estimant n'avoir "jamais eu la sensation de laisser libre un agresseur".

Elle a dit également avoir déposé une plainte en diffamation contre Kathya de Brinon, militante engagée contre les violences sexuelles sur mineurs, qui a participé à un groupe de parole animé par Latifa Bennari en 2018 et qualifié ses méthodes de "dangereuses" sur les réseaux sociaux.

Vous êtes à nouveau en ligne