Trois questions sur les scandales sexuels qui secouent la classe politique au Royaume-Uni

La Première ministre britannique, Theresa May, lundi 30 octobre 2017 au 10, Downing Street (Londres).
La Première ministre britannique, Theresa May, lundi 30 octobre 2017 au 10, Downing Street (Londres). (PETER NICHOLLS / REUTERS)

Mark Garnier, secrétaire d'Etat au commerce international, a reconnu dimanche avoir donné un surnom à caractère sexuel à sa secrétaire et lui avoir donné de l'argent pour acheter des sex toys.

L'affaire Harvey Weinstein fait aussi des vagues outre-Manche. Lundi 30 octobre, un débat mené par les femmes parlementaires a été organisé en urgence à la Chambre des communes pour évoquer la question du harcèlement sexuel après la révélation de plusieurs scandales qui éclaboussent jusqu'au gouvernement de Theresa May.

Qui sont les personnalités accusées ? Comment réagit la Première ministre ? Quelles sont les solutions envisagées ? Franceinfo récapitule.

Quelles sont les personnalités accusées ?

La vague d'indignation a démarré dimanche, avec les révélations de l'édition dominicale du Daily Mail (en anglais) concernant le ministre et parlementaire conservateur pro-Brexit Mark Garnier.

Son ancienne assistante parlementaire Caroline Edmonson a révélé qu'en 2010, le responsable politique avait évoqué en public ses "sugar tits" (expression graveleuse au sujet de ses seins), et lui avait confié de l'argent liquide pour qu'elle se rende dans un sex-shop afin d'acheter deux jouets sexuels, destinés à son épouse et à une de ses collègues travaillant en circonscription pendant qu'il patientait à l'extérieur. Des allégations confirmées par l'intéressé.

Je ne vais pas démentir, car cela serait malhonnête. Je vais devoir encaisser.Mark Garnier, secrétaire d'Etat au commerce internationalau "Mail on Sunday"

Le ministre, qui ne travaille plus avec Caroline Edmonson, a toutefois nié que son attitude puisse relever du harcèlement sexuel. Il s'est justifié en expliquant que le commentaire sur la poitrine de son assistante faisait référence à une "conversation amusante" au sujet d'une série télévisée, et que l'achat de sex toys avait été effectué "dans la bonne humeur".

Le quotidien britannique The Times (en anglais) a pour sa part indiqué dimanche avoir consulté un fichier faisant état d'avances sexuelles et de comportements inappropriés, visant près de 40 parlementaires conservateurs, dont plusieurs ministres, et qui circulait dans les couloirs du parlement. Ses auteurs auraient organisé sa fuite auprès de la presse afin de vérifier ces accusations.

Enfin, l'ancien ministre conservateur Stephen Crabb a reconnu dimanche auprès du Telegraph (en anglais) avoir envoyé des messages "explicites" à une jeune femme de 19 ans qui avait candidaté pour un poste en 2013. Il avait dû quitter le gouvernement en juillet 2016 après des accusations similaires.

Comment réagit Theresa May ?

Présente lors du débat organisé lundi au parlement, la Première ministre, Theresa May, a écrit au cours du week-end au président de la Chambre des communes, John Bercow.

Je crois qu'il est important que le personnel travaillant à la Chambre des communes puisse être traité de manière juste et convenable, comme cela doit être le cas dans n'importe quel lieu de travail moderne.Theresa May, Première ministre britannique

La cheffe de gouvernement a rappelé qu'un numéro de téléphone a été mis en place, mais a réclamé de nouvelles règles de conduite plus strictes pour les parlementaires.

Quelles sont les réformes envisagées ?

"Permettez-moi d'être clair : il doit y avoir une tolérance zéro face au harcèlement sexuel, ici à Westminster ou ailleurs", a déclaré le président de la Chambre des communes, John Bercow, précisant soutenir la proposition de Theresa May de mettre en place un système d'enregistrement des plaintes propre au Parlement, et indépendant des partis.

Mais rappelant que les assistants parlementaires étaient employés par les députés et non par le Parlement, il a demandé aux partis politiques d'"être à la hauteur de leurs responsabilités" et de se doter de dispositifs "accessibles, transparents et indépendants" pour enregistrer d'éventuelles plaintes.

Au cours du débat qui a suivi, le leader de la Chambre des communes, la conservatrice Andrea Leadsom, a défendu la mise en place d'un service renforcé pour lutter contre le harcèlement sexuel au sein du Parlement britannique, reconnaissant que "le système actuel n'est pas adapté".

Elle a énoncé les grandes lignes des mesures que le gouvernement souhaite adopter, dont la mise en place d'une "équipe dédiée, plus accessible et dotée de plus de moyens", plutôt que le service d'assistance téléphonique actuel.

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