Reims : un médecin de la police, jugé pour dix agressions sexuelles, visé par douze plaintes supplémentaires

Un médecin accompagné d\'un policier remplit un formulaire (illustration).
Un médecin accompagné d'un policier remplit un formulaire (illustration). (JAMES HARDY / MAXPPP)

L'homme doit être jugé à partir de mardi pour des agressions sur dix adjoints de sécurité.

Le médecin-inspecteur régional de la police dans le Grand Est qui comparaît mardi 14 mai à Reims pour agression sexuelle sur 10 adjoints de sécurité est également visé par 12 autres plaintes reçues à l'IGPN, a indiqué lundi le procureur de Metz à France Bleu Lorraine Nord. 22 plaintes ont donc été enregistrées, mais seuls les dossiers des 10 premières victimes seront jugés lors de ce premier procès.

Deux fois plus de plaintes après les révélations de France Bleu Lorraine Nord

L'audience a lieu mardi 14 mai à 14 heures au tribunal correctionnel de Reims pour des faits d'agression sexuelle sur 9 femmes et un homme. Tous dénoncent des gestes déplacés en visite médicale. Depuis que l'affaire a été révélée par France Bleu Lorraine Nord, 12 autres plaintes ont été reçues à l'IGPN, l'inspection régionale de la police nationale et transmises au parquet de Metz, "sous réserve que les nouveaux faits dénoncés ne soient pas prescrits, ils feront l'objet de poursuites", a précisé le procureur de la République de Metz, Christian Mercuri

Âgé de 63 ans, ce médecin-inspecteur gérait le suivi médical des policiers de 10 départements du Grand Est, de Lorraine, Alsace et Champagne-Ardenne. Après les plaintes des 10 adjoints de sécurité et sa garde à vue fin janvier, l'homme a été placé sous contrôle judiciaire et suspendu de ses fonctions pour des faits commis les 12, 13 et 14 juin 2018 à Reims et le 6 novembre 2014 à Mulhouse.

Des attouchements lors des visites médicales

C'est lors de visites d'aptitude physique que les 10 futurs adjoints de sécurité ont dénoncé des palpations mammaires appuyées, seins nus, ou, pour la seule victime masculine, des attouchements sur ses parties intimes, sans aucun rapport avec une visite médicale professionnelle. Les victimes, choquées, l'ont signalé à l'école nationale de police à Reims, où elles étaient admises.

Une fin de carrière brutale pour cet homme décrit comme tout puissant au sein de la police. Depuis, les langues se délient. Une policière alsacienne affirme par exemple avoir du enlever son soutien-gorge alors qu'elle venait pour une hernie discale. Camille, agent au ministère de l'Intérieur en Lorraine, a subi elle aussi par le passé ces drôles de visites médicales et elle dénonce le silence de sa hiérarchie : "Ils ont laissé faire cet homme-là malgré les dénonciations en interne, de ma part ou d'autres personnes. J'ai mal, pour moi et pour toutes les autres victimes qui auraient pu être épargnées".

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