Rassemblements pour les victimes de harcèlement sexuel : "L'intolérance face au sexisme est en train de monter"

Le rassemblement #MeToo dans la vraie vie a été lancé par la journaliste Carol Galand.
Le rassemblement #MeToo dans la vraie vie a été lancé par la journaliste Carol Galand. (CAPTURE D'ÉCRAN / RADIO FRANCE)

Fatima Benomar, porte-parole du collectif féministe et LGBT "Les Effrontées", a expliqué, dimanche sur franceinfo, que les rassemblements baptisés "#MeToo dans la vraie vie" étaient importants "pour avancer des revendications".

Des rassemblements baptisés "#MeToo dans la vraie vie", en soutien aux victimes de harcèlement et agression sexuels, sont organisés dans onze villes de France, dimanche 29 octobre. "L'intolérance face au sexisme est en train de monter et c'est une très bonne nouvelle", a constaté Fatima Benomar, porte-parole du collectif "Les Effrontées", une association féministe et LGBT, invitée de franceinfo ce dimanche matin.

franceinfo : Quelle est l'idée derrière ces rassemblements ?

Fatima Benomar : On a envie que le soufflet ne retombe pas. Souvent, quand il y a eu des affaires très médiatisées, comme l'affaire Baupin ou DSK, vous avez un grand mouvement de conscientisation. Et puis, deux mois après, on parle d'autres choses. Hop ! C'est rangé. Là, c'est important parce que les femmes ont entendu des témoignages d'autres femmes. Elles ont donc découvert qu'elles n'étaient pas seules dans cette situation qui est condamnée par la loi. Ce sont des délits ou des crimes. C'est important de se rassembler pour avancer des revendications.

Samedi, à Poitiers, il n'y a eu que quelques dizaines de personnes. N'est-ce pas un peu décevant ?

Non, non, pas du tout. C'est toujours inégalitaire par rapport aux villes, il y en a des petites et des grandes. L'information et la mobilisation ne se sont pas organisées partout de la même manière. C'est toujours difficile de mobiliser dans certaines villes, aussi parce que c'est très récent. Mais, à Paris, je pense qu'il y aura beaucoup de monde. Et puis, le 25 novembre, il y aura la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. Il y aura une manifestation et on aura un peu plus de temps pour organiser.

Ces témoignages sont partis de milieux très précis comme la culture et la politique. Finalement, ça concerne n'importe quel domaine de la vie de tous les jours et de la société.

C'est sorti de la case des faits divers. Depuis très longtemps, les violences faites aux femmes ont structuré la société grâce à une idéologie encore machiste qui est tolérée. On voit que l'intolérance face au sexisme est en train de monter et c'est une très bonne nouvelle.

"C'est important de se rassembler pour avancer des revendications", Fatima Benomar
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