"Il m'a demandé d'enlever mon soutien-gorge pour une hernie discale" : un médecin suspendu dans le Grand-Est

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Capture d'écran (GOOGLE MAPS)

Une policière accuse le médecin inspecteur régional de la police de la région Grand Est d'agression sexuelle, et demande des comptes à sa hiérarchie. 

Une policière, qui a porté plainte contre un médecin inspecteur de la police pour agression sexuelle, campe devant le siège de la préfecture de la zone de défense Est à Metz pour demander réparation auprès de sa direction, rapporte France Bleu Lorraine Nord vendredi 1er mars. 

En août 2017, cette policière basée à Colmar (Haut-Rhin) apprend qu'elle souffre d'une hernie discale et est convoquée par ce médecin inspecteur régional pour un contrôle : "Quand il m'a reçue, il m'a demandé d'enlever mon haut et également mon soutien-gorge. Ce que j'ai trouvé plutôt étrange : pour une hernie discale, normalement, le soutien-gorge ce n'est pas nécessaire."

Ce médecin, âgé d'une cinquantaine d'années était chargé d'examiner les policiers accidentés et les blessés en service. Il a été suspendu de ses fonctions, soupçonné d'agressions sexuelles sur des jeunes adjointes de sécurité lors de visites médicales.

La plaignante accusée "d'abandon de poste"

Le témoignage de cette policière de Colmar vient ainsi s'ajouter à celui de plusieurs femmes. Alors qu'elle était toujours arrêtée en raison de son état de santé, et qu'elle fait une rechute, fin 2017, ce même médecin décide d'interrompre son arrêt et de la fait revenir au travail : "Je viens au commissariat et c'est les pompiers qui ont dû venir me chercher devant le parking du commissariat... témoigne-t-elle auprès de France Bleu. Finalement, on va s'apercevoir que le dos a cédé, récidive de la même hernie discale ! De là, une nouvelle opération et, à nouveau, les contrôles à outrance..."

Après s'être plainte en interne des agissements du médecin, la plaignante affirme que sa hiérarchie ne lui a "pas permis de reprendre sereinement". "Quand j'ai voulu reprendre mon service au commissariat, on m'a clairement fait comprendre que je ne pouvais pas le reprendre, et on a bloqué délibérément tous mes accès informatiques," affirme-t-elle.  Sa direction lui demande à présent de rembourser deux mois de salaires pour "abandon de poste".

Au moins 10 plaintes ont été enregistrées par la justice contre ce praticien qui va comparaître le 14 mai prochain devant le tribunal de Reims.

Sollicitée par France Bleu, la préfecture de la zone de défense Est, dont dépend le médecin, n'a pas répondu.

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