Harcèlement sexuel dans les transports en commun : "On a besoin d'un changement de société"

La campagne de lutte contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun d\'Île-de-France a été lancée à Paris le 5 mars 2018.
La campagne de lutte contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun d'Île-de-France a été lancée à Paris le 5 mars 2018. (MAXPPP)

À l'occasion du lancement d'une campagne d'affichage contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun en Île-de-France, la présidente de l'union syndicale des magistrats (USM), Virgine Duval, a estimé lundi sur franceinfo que "cette notion" est "très difficile à établir parce que l'on manque de témoignages".

Neuf femmes sur dix déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement sexuel dans les transports en commun. Des affiches pour inciter ces victimes ou les témoins à donner l'alerte ont été installées lundi 5 mars dans les transports en commun en Île-de-France. Pour Virginie Duval, présidente de l'union syndicale des magistrats a estimé sur franceinfo, qu'on a "besoin d'un changement de société" et non pas d'une "modification de la loi."

franceinfo : Concrètement, comment prouve-t-on une agression sexuelle ?

Virginie Duval : Agression sexuelle et harcèlement sont deux notions différentes. Mais sur cette notion de harcèlement sexuel de rue, on est sur quelque chose de très difficile à établir parce que l'on manque de témoignages. Et c'est peut-être pour ça que le chiffre noir est aussi important et que les femmes déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel mais ne portent pas plainte.

En terme judiciaire, c'est donc très compliqué ?

Ne ne pouvons pas nous fonder sur la seule déclaration d'une femme, d'une victime, parce qu'il faut que l'on puisse établir ces faits et c'est en cela, que c'est très difficile. À laisser penser que le harcèlement de rue va être automatiquement sanctionné pénalement, on risque de susciter de faux espoirs et du coup, beaucoup de déceptions. Il faut travailler sur les auteurs, sur la libération de la parole, mais il y aura toujours cette question de la preuve.

Une victime doit-elle donc systématiquement essayer de repérer des témoins ?

Il vaut mieux. Il y a aussi cette question de la sidération, donc, tout ne peut pas reposer sur la seule victime. Il faut que les témoins aillent eux-mêmes vers la victime. C'est vraiment un changement de notre société qui est nécessaire, plus que de la loi d'ailleurs. On n'a pas besoin de modification de la loi, par contre, on a besoin d'un changement de société.

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