Frappée par son harceleur de rue, elle crée un site pour recueillir les témoignages : "Ça peut être ton pote, ton frère, ton père"

Marie Laguerre fondatrice du site \"Nous Toutes Harcèlement\"
Marie Laguerre fondatrice du site "Nous Toutes Harcèlement" (ALAIN JOCARD / AFP)

Marie Laguerre, une étudiante de 22 ans, a créé le site "Nous Toutes Harcèlement" pour recueillir des témoignages de harcèlement dans la rue, au travail, dans la sphère privée.

Marie Laguerre a expliqué samedi 4 août sur France Inter sa volonté de participer à la libération de la parole des femmes, qui ne fait selon elle que commencer. Cette étudiante de 22 ans, victime d'une agression mardi 24 juillet filmée par une caméra de surveillance et dont elle a publiée la vidéo sur les réseaux sociaux, espère que sa plateforme, "Nous Toutes Harcèlement", permettra de déconstruire les clichés sur le harcèlement de rue.

Les agresseurs ne sont pas des hommes en cagoule au coin d'une rue, qui sont un peu louches. Ce sont des hommes parfaitement intégrés dans la sociétéMarie Laguerreà France Inter

Elle estime qu'il faut mettre en lumière cette banalité du harcèlement de rue. "Je pense que c'est important aujourd'hui de pointer du doigt que ça peut être ton pote, ton frère, ton père ou ton fils et ce n'est pas facile à accepter. Mais, au lieu de les protéger, je pense qu'il faut vraiment ne plus tolérer ces comportements et ça passe vraiment par tous les citoyens", explique-t-elle.

Une pétition bientôt en ligne pour interpeller le gouvernement

D'après Fatima Benomar, co-porte-parole de l'association féministe Les Effrontées, qui collecte les messages déposés sur la plateforme, cette initiative va permettre d'avoir une autre analyse que celle des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, né en réaction à l'affaire Harvey Weinstein.

#MeToo a été beaucoup axé sur le viol et le harcèlement sexuel. C'est important que plusieurs luttes s'organisentFatima Benomarà France Inter

Créer un support spécialement dédié au harcèlement de rue est important selon elle. "Tous ces témoignages nous permettent de nous rendre compte de nouvelles formes de harcèlement. Beaucoup de femmes noires, par exemple, témoignent en disant qu'elle ont des harcèlements de rue spécifiques."

Marie Laguerre devrait lancer, dans les prochains jours, une pétition pour demander au gouvernement de sensibiliser les jeunes au sexisme.

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