Fédération des sports de glace : la nouvelle présidente Nathalie Péchalat veut "redorer son image et retrouver la confiance des adhérents"

Nathalie Péchalat à Montpellier, le 13 février 2019.
Nathalie Péchalat à Montpellier, le 13 février 2019. (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

Elle succède à Didier Gailhaguet, qui a régné sur le patinage français presque sans discontinuer pendant plus de deux décennies mais qui a été contraint à la démission début février, après un scandale de violences sexuelles qui a touché de plein fouet la fédération.

L'ancienne championne de danse sur glace Nathalie Péchalat a été élue samedi 14 mars présidente de la Fédération française des sports de glace (FFSG). Elle succède à Didier Gailhaguet, contraint à la démission début février à cause du scandale de violences sexuelles qui a touché de plein fouet la fédération.

Invitée de franceinfo samedi, Nathalie Péchalat a affirmé vouloir "redorer" l'image de la fédération "et retrouver la confiance des adhérents". Elle veut "prioriser l'éthique et l'intégrité" au sein de la fédération pour lutter contre les violences. La nouvelle présidente se projette aussi dans les prochaines compétitions, notamment les Jeux olympiques de Pékin 2022, avec l'objectif "d'aller chercher une médaille olympique dans une autre discipline sportive" que le patinage.

franceinfo : Vous allez succéder à Didier Gailhaguet. Est-ce compliqué de prendre le relais ?

Nathalie Péchalat : C'est une nécessité. C'est ce que je me suis dit en déposant mon dossier de candidature. Je suis très contente et honorée de la confiance que m'ont accordée les présidents de clubs. Mais voilà, c'est l'inverse d'une compétition où quand on reçoit le résultat, ça se termine. Mais là, ça marque le début d'une nouvelle aventure avec beaucoup de travail pour faire évoluer cette fédération et redorer son image et retrouver la confiance des adhérents.

Comment allez-vous gérer l'épidémie de coronavirus ?

Il va falloir donner des conseils, donner les recommandations aux présidents de clubs qui attendent des informations par rapport à leur activité d'entraînement. Est-ce que les patinoires peuvent rester ouvertes ? Il faut voir aussi avec les gestionnaires de patinoires, de curling, de pistes de bobsleigh. Et ensuite on va essayer de protéger un maximum. Est-ce que l'on va pouvoir autoriser des entraînements si le nombre est limité ? Voilà, ça c'est le sujet brûlant qu'il va falloir mettre sur la table dès lundi, même si on a commencé à l'aborder à l'issue des élections. Il va falloir qu'on se réunisse avec tout le bureau exécutif pour s'accorder.

Quelles sont vos priorités pour le monde des sports de glace ?

La lutte contre les violences. Prioriser l'éthique et l'intégrité, cela me semble très important, en passant par la transparence, de la base à l'international avec toutes les instances sportives. Il va falloir aussi qu'on s'occupe du développement et de la promotion de chaque discipline sportive. Toutes ces actions visent à redorer l'image de notre fédération et de l'aider à rayonner dans le monde du sport. Les mesures les plus importantes sont liées à la restructuration de cette fédération, donc le bureau exécutif, mais aussi la modification des statuts pour revoir le Conseil fédéral. Toutes ces étapes sont essentielles pour lever la menace du retrait de l'agrément par le ministère des Sports. C'est une priorité pour nous.

Cela veut dire que vous ne souhaitez pas garder dans votre équipe des membres de la Fédération qui travaillaient avec l'ancienne équipe ?

Ça veut dire surtout qu'on est à mi-mandat. La Fédération est une association qui est régie par ses statuts et son règlement intérieur. Donc, on ne peut pas faire n'importe quoi, n'importe comment. Aujourd'hui, au bureau exécutif, ce sont des élus qui, normalement, sont en place jusqu'en juin 2022. Il y a la moitié de ces élus qui ont déjà posé leur démission juste avant la démission de Didier Gailhaguet. Donc, les sièges sont vacants. Il va falloir les combler. (Pour les autres), je ne peux pas les pousser à la démission. On s'est entretenu à l'issue de l'élection et aucun ne m'a fait part de sa volonté de démissionner. Donc, il y aura de toute façon du sang neuf à 50%. Et puis ensuite, bien sûr, on pourra faire bouger les choses sur les salariés, sur la direction technique nationale qui dépend du ministère des Sports. Donc, tout changement se fera en étroite collaboration avec lui.

La France est une nation majeure des sports de glace, avec de bons résultats. On pense au duo Guillaume Cizeron - Gabriella Papadakis. Comment vous comptez influer pour maintenir ce cap et aller encore plus haut ?

On a deux ans pour se préparer aux Jeux olympiques de Pékin 2022. Je pense qu'il sera important que je les rencontre avec leur équipe pour essayer de mettre en place une stratégie. Ils sont compétents et ils ont déjà plusieurs médailles de champion d'Europe et champion du monde et une médaille d'argent aux derniers JO de Pyongyang. Donc, je voudrais juste m'impliquer dans leur préparation, mais bien sûr, avec toute la confiance que je leur accorde, à Gabriella, Guillaume, mais aussi à leur équipe. L'idée serait aussi d'aller chercher une médaille olympique dans une autre discipline sportive, patinage de vitesse, pourquoi pas le bobsleigh aussi, bob masculin, et bob féminin qui montent en puissance. On va essayer de faire ce qu'il faut pour leur donner les moyens nécessaires d'y arriver.

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