Face aux accusations de violences sexuelles, Ubisoft remanie sa direction et promet des "changements majeurs"

Le siège canadien d\'Ubisoft, à Montréal, le 24 juin 2019.
Le siège canadien d'Ubisoft, à Montréal, le 24 juin 2019. (DAVID HIMBERT / HANS LUCAS / AFP)

Plusieurs dirigeants de l'éditeur de jeux vidéo français sont accusés d'agressions et de harcèlement sexuel par d'anciennes ou actuelles salariées. 

Départs annoncés pour le numéro 2 d'Ubisoft, la DRH et le chef de l'unité canadienne. L'éditeur de jeux vidéo français Ubisoft, au cœur d'un scandale d'agressions et de harcèlement sexuels, a annoncé le remaniement de sa direction et promis des "changements majeurs dans sa culture d'entreprise". Dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche 12 juillet, l'entreprise explique que ces départs "font suite à un examen rigoureux que la société a mené en réponse aux récentes allégations et accusations de mauvaise conduite et de comportements inappropriés".

Le numéro deux "Serge Hascoët a choisi de démissionner de son poste de 'chief creative officer', avec effet immédiat. Ce rôle sera assumé dans l'intérim par Yves Guillemot, PDG d'Ubisoft", précise le poids lourd du jeu vidéo, qui avait annoncé le 26 juin enquêter sur des allégations de violence et de harcèlement visant des cadres dans plusieurs pays. "Yannis Mallat, dirigeant des studios canadiens d'Ubisoft, quitte ses fonctions et la société avec effet immédiat. Les récentes allégations apparues au Canada à l'encontre de nombreux salariés ne lui permettent pas de continuer à assurer ses responsabilités."

Ubisoft va également nommer un nouveau responsable monde des ressources humaines, en remplacement de Cécile Cornet, qui démissionne de son poste. L'entreprise, qui compte 18 000 salariés dans le monde, dont 22% de femmes, "a également décidé de restructurer et renforcer la fonction" ressources humaines et va faire "auditer et améliorer ses procédures et politiques" en la matière, a-t-elle assuré.

De nombreux témoignages

Dès fin juin, des témoignages anonymes d'employés ou d'ex-employés d'Ubisoft sont apparus sur Twitter, visant des cadres des studios de Toronto et Montréal au Canada, mais aussi au Brésil, en Bulgarie et aux Etats-Unis, concernant parfois des faits remontant à plusieurs années. Une ex-employée a par exemple expliqué qu'un collègue lui avait demandé une fellation lors d'une soirée alors qu'elle travaillait encore à son bureau, d'autres relataient que tel directeur de la création du studio de Montréal avait "léché le visage" d'une collaboratrice lors d'une fête d'entreprise.

En France, des enquêtes de Libération (article réservé aux abonnés), et Numerama ont mis au jour un "système toxique", dominé par des "hommes intouchables", dans les locaux français du numéro 3 mondial du secteur. Un responsable est particulièrement mis en cause par plusieurs salariés. "Sur l'étage, son équipe était particulièrement bruyante. Le stéréotype de l'équipe de mecs, avec des objets, des armes, des posters", témoigne une ancienne salariée. "Durant mes années là-bas, il ne s'est pas passé une journée sans réflexion sur mes cheveux, mes vêtements, mon attitude."

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