Accusé de viols et d'agressions sexuelles, Georges Tron promet de "balancer" lors de son procès

L\'ancien député et secrétaire d\'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, le 2 avril 2015 à Evry (Essonne). 
L'ancien député et secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, le 2 avril 2015 à Evry (Essonne).  (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Deux jours avant son procès, le maire LR de Draveil (Essonne), ancien député et secrétaire d'Etat, se défend dans un entretien au "Journal du dimanche", dimanche 10 décembre.

"Jusqu'à présent, j'ai été pudique mais au cours de ce procès, je vais sortir de ma réserve et balancer moi aussi." Dans un entretien au Journal du Dimanche, publié dimanche 10 décembre, l'ancien député et secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, revient longuement sur les accusations de viols et d'agressions sexuelles qui le visent depuis six ans. Le maire Les Républicains de Draveil (Essonne), est renvoyé aux assises dès mardi, et jusqu'au 22 décembre à Bobigny (Seine-Saint-Denis). 

Accusés de "viol" et d'"agression sexuelle en réunion" par deux anciennes employées municipales, Georges Tron a été mis en examen en 2011. Cette affaire l'avait contraint, en mai 2011, à démissionner de son poste de secrétaire d'Etat à la Fonction publique. L'élu avait bénéficié d'un non-lieu en 2013, mais la cour d'appel avait infirmé cette ordonnance, le renvoyant devant la cour d'assises d'Evry (Essonne). La cour de cassation a validé ce renvoi en avril 2015. 

L'élu dénonce des "écarts de conduite"

Dans cet entretien, Georges Tron réfute l'information selon laquelle 40 femmes ont révélé avoir eu un massage des pieds de sa part, sans forcément l'avoir demandé. "En réalité, huit ou neuf personnes dont mes deux accusatrices déclarent avoir été gênées par ma pratique de la réflexologie", assure le maire de Draveil. Ce dernier, réfutant le terme de "fétichiste des pieds", ajoute que ses "'patientes', - le terme est impropre puisqu’il y avait des hommes, je le répète, ont entre 24 et 75 ans… et des physiques très différents".

L'élu critique ensuite ses deux accusatrices, Eva Loubrieu et Virginie Faux. Evoquant sa première adjointe également accusée, Brigitte Gruel, Georges Tron affirme "qu'en six ans d'enquête, on ne lui a pas trouvé le moindre écart de conduite, ce qui n'est pas le cas de ses accusatrices". 

J'ai viré madame Loubrieux pour détournement de fonds publics, plus de 5 000 euros, en vin notamment. Je n'ai pas renouvelé le contrat de madame Faux en raison de son comportementGeorges Tron, au sujet de ses accusatricesau "Journal du Dimanche"

Le maire de Draveil affirme ainsi que Virginie Faux a "saisi les parties génitales d’un de mes adjoints" et "s’est fortement alcoolisée" au cours d’une soirée à la mairie. "Cette soirée faisait suite à d’innombrables absences justifiées par un cancer qu’elle n’a jamais eu", assure-t-il. 

Des accusations de viols et d'agressions sexuelles entre 2007 et 2010

En mai 2011, les deux femmes accusant Georges Tron et Brigitte Gruel avaient décrit plusieurs massages, sous couvert de réflexologie plantaire, dérapant vers des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010. Les plaignantes ont déclaré avoir été incapables de s'opposer, tétanisées face à leur employeur, de vingt ans leur aîné. 

La cour d'appel avait souligné que cinq autres femmes ont décrit, dans les mêmes termes, les pratiques sexuelles du maire, seul ou avec son adjointe. Les deux accusés continuent de nier les faits : "Je n'ai jamais agressé et encore moins violé qui que ce soit", assure Georges Tron dans le Journal du Dimanche

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