Accusations de viol : "Emmanuel Macron a placé Gérald Darmanin comme une victime, on marche sur la tête", dénonce Caroline de Haas

Caroline De Haas lors d\'une manifestation, à Paris, le 24 novembre 2017.
Caroline De Haas lors d'une manifestation, à Paris, le 24 novembre 2017. (ALAIN JOCARD / AFP)

La militante féministe Caroline de Haas a dénoncé mercredi 15 juillet une "inversion de la culpabilité", opérée selon elle par le président de la République en défendant la nomination de Gérald Darmanin au poste de ministre de l'Intérieur.

"C'est incroyable que le président de la République, qui a nommé un gouvernement très politique, se place uniquement sur le terrain judiciaire", réagit la militante féministe Caroline de Haas, membre du mouvement Nous Toutes et interrogée mercredi 15 juillet sur franceinfo, aux propos d'Emmanuel Macron sur Gérald Darmanin. Dans son interview du 14-Juillet, le chef de l'Etat a défendu la nomination du ministre de l'Intérieur, visé par une plainte pour viol, en s'estimant être le "garant de la présomption d'innocence".

"On peut légalement avoir le droit d'être ministre (...) et pourtant ne pas être ministre", souligne Caroline de Haas, qui cite les cas de François de Rugy et François Bayrou. "Il y a manifestement des délits et des crimes pour lesquels, quand un homme est mis en cause, on considère que c'est suffisamment grave pour le débarquer d'un gouvernement. Par contre, quand c'est une mise en cause pour viol, on considère que ce n'est pas suffisamment grave", indique Caroline de Haas, qui explique que cela l'"interroge sur la façon dont le président de la République considère les violences sexistes et sexuelles".

"Inversion de la culpabilité"

Caroline de Haas note une "inversion de la culpabilité". "Emmanuel Macron a placé Gérald Darmanin comme une victime, on marche sur la tête", poursuit la militante féministe, selon qui Emmanuel Macron "a, dans son discours, repris tous les stéréotypes, toutes les idées reçues qu'on entend lorsqu'on va porter plainte pour violence".

Interrogée sur la tribune signée dans Le Monde par 167 parlementaires de la majorité qui dénoncent les attaques contre Gérald Darmanin et affirment que "la justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation", Caroline de Haas considère qu'ils sont "complètement hors de la réalité" s'ils expliquent que si la justice ne fonctionne pas, "c'est la faute de slogans sur des pancartes féministes". "Il est faux de dire que la justice française fonctionne en matière de violences sexistes et sexuelles", estime la militante féministe, qui affirme que 94 000 plaintes pour viol ou tentative de viol sont déposées chaque année en France, tandis qu'il y a 1 000 personnes condamnées pour viol chaque année.

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