Abus sexuels à Oxfam : l'ancien directeur de l'ONG en Haïti a reconnu avoir payé des prostituées

Le logo de l\'ONG Oxfam à Londres (Royaume-Uni), le 13 février 2018. 
Le logo de l'ONG Oxfam à Londres (Royaume-Uni), le 13 février 2018.  (ALBERTO PEZZALI / NURPHOTO / AFP)

L'ONG britannique Oxfam est au cœur d'un vaste scandale d'abus sexuels en Haïti, sur des faits qui remontent à la gestion de la crise après le séisme en 2010.

Nouvelles révélations dans le scandale impliquant l'ONG britannique Oxfam. Soupçonné d'avoir eu des rapports sexuels avec une prostituée mineure, l'ancien directeur de l'ONG sur l'île a reconnu qu'il avait bien eu des rapports sexuels tarifés dans des locaux financés par l'organisation, selon un rapport rendu public lundi 19 février. Ce rapport interne (qui date de 2011) conclut cependant "qu'aucune des allégations initiales de fraude, népotisme ou recours à des prostituées mineures n'avait pu être étayée par l'enquête" mais qu'il ne "pouvait être exclu" que l'une au moins des prostituées fût mineure.

Avec deux autres responsables de l'organisation, Roland van Hauwermeiren, 68 ans, avait dû démissionner à la suite d'allégations selon lesquelles ces trois hommes avaient acheté les services de jeunes prostituées lors de leur mission en Haïti, après le séisme dévastateur de 2010. Après Oxfam, le directeur avait rejoint l'ONG française Action contre la faim au Bangladesh. 

Un plan d'action pour empêcher de nouveaux abus

Roland van Hauwermeiren s'était défendu la semaine dernière, affirmant qu'il n'avait pas organisé d'orgies avec de jeunes prostituées et qu'il n'était "jamais entré dans un bordel" en Haïti. Dans une lettre publiée par des médias belges, il avait seulement reconnu avoir eu des rapports sexuels avec une "femme honorable et mature", et maintenu qu'il ne lui avait pas versé d'argent.

Selon ce rapport publié lundi, trois employés d'Oxfam ont également "menacé physiquement" et "intimidé" un de leurs collègues, qui était appelé à témoigner dans le cadre de cette enquête interne. 

L'ONG dit avoir voulu rendre public ce rapport pour "être aussi transparente que possible quant aux décisions prises durant l'enquête". Elle affirme avoir communiqué aux autorités compétentes les noms des personnes soupçonnées de comportements sexuels inappropriés, et a adressé une version intégrale du rapport aux autorités haïtiennes. Oxfam a, en parallèle, dévoilé vendredi un plan d'action pour empêcher de nouveaux abus sexuels, et tenter ainsi d'apaiser la polémique d'ampleur mondiale.

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