VIDEO. "1914-1918, la presse et la guerre" : qui a fait les images de la guerre de 1914-18 ?

Dessinateurs, photographes, cameramen... A leur façon, ils sont tous journalistes, malgré la censure.

"Il fallait conserver de toutes ces visions, de tous ces aspects des preuves indestructibles et indiscutables, il fallait photographier." Étonnante affirmation d'un reporter photographe conscient de sa responsabilité devant l'histoire.

Nous sommes en août 1915, la Grande Guerre a déjà un an et le public lui aussi veut qu'on lui montre cette guerre. Pourtant, la censure est bien là. Montrer les morts allemands, d'accord, mais certainement pas les français. L'exigence d'images sera en définitive la plus forte. Les revues spécialisées dans la photo, vont aller jusqu'à offrir de fortes sommes pour les clichés les plus saisissants.  

Les images d'une guerre "reconstituée"

La censure mais aussi l'autocensure plane sur toutes les productions journalistiques de la grande guerre. De fait, nul ne souhaite désespérer les combattants ou les populations restées à l'arrière.

Les militaires en particulier, s'évertuent à contrôler les images du conflit. Ils se sont dotés d'un service photographique des armées avec une soixantaine de reporters sur le terrain. Et ce service devient une véritable agence de presse pour journaux français ou étrangers. Mais c'est sans compter avec les revues de photos comme L'Illustration, L'Excelsior, Sur le vif, ou Le Miroir. Leur succès est considérable.

Or ils sont en manque. Les interdits militaires les privent des clichés "saisissants" qui les intéressent. Alors, Le Miroir écrit à sa une en septembre 1914 : "Le Miroir paie n'importe quel prix les documents photographiques relatifs à la guerre, présentant un intérêt particulier." 

L'armée a aussi créé un service cinématographique qui fusionne avec la photo. Les opérateurs viennent des grandes firmes d'actualité filmée comme Pathé ou Gaumont. Le matériel est lourd, inadapté au terrain de guerre, les dangers sont extrêmes. Alors si l'on veut des scènes de combat, et bien on va les reconstituer, à la gloire de la bravoure du poilu bien entendu. Et dans leurs salles obscures les Français verront une guerre qui ressemble plus à la fiction qu'à la réalité. Mais dans leurs tranchées, nombre de soldats possèdent des appareils de poche comme le Kodak Vest-Pocket.

Comment les journaux ont-ils parlé de la grande guerre ? Et les poilus, que pensaient-ils du travail de la presse ? Ce contenu fait partie d'un voyage 7 vidéos de 4 minutes dans les archives de presse de la grande bibliothèque nationale de France, en partenariat avec Retronews. 

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