Violences conjugales : "J'aurais pu mourir mille fois"

FRANCEINFO

Une ancienne victime de violences conjugales décrit les quatre années qu'il lui a fallu pour se libérer de son compagnon, alors que la marche contre les violences faites aux femmes du samedi 23 novembre a rassemblé entre 50 000 et 100 000 personnes.

Morgane Seliman, une ancienne victime de violences conjugales, aura eu besoin de quatre ans pour se libérer du père de son fils. "J'aurais pu mourir mille fois. Ça aurait été horrible, je me dis, pour mon fils d'avoir une maman qui est morte et son père en prison", explique-t-elle. Lorsqu'elle reçoit la première claque, elle ne se dit pas tout de suite qu'elle est victime de violences conjugales. "Je suis choquée, je me rappelle bien, mais je me dis que ça va passer", décrit-elle. Au total, elle a déposé 12 plaintes contre son ancien compagnon. Et 11 fois sur 12 elle estime avoir été jugée par les forces de l'ordre. Qu'avait-elle fait pour que son conjoint la frappe ?

200 000 femmes victimes de violences conjugales chaque année

"Quand je porte plainte, on me dit qu'éventuellement, il sera convoqué dans trois semaines. Ce n'est pas rassurant", ajoute Morgane Seliman. Cette situation "fait l'effet d'une trahison. On nous met dans une position où on nous rend coupable". Son ex a finalement été condamné à 12 mois de prison ferme. À sa sortie, il a été équipé d'un bracelet électronique. Une fois libéré de toute surveillance, il a à nouveau agressé Morgane Seliman. Cette dernière a fini par se cacher et à porté plainte. En 2015, elle a écrit son histoire pour se reconstruire et pour les 200 000 femmes victimes de violences conjugales chaque année.

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