"Ça nous aide parce qu'on nous écoute" : à Orléans, les femmes victimes de violences conjugales sont accueillies par des policiers spécialement formés

L\'Hôtel de Police d\'Orléans, le 1er juillet 2009.
L'Hôtel de Police d'Orléans, le 1er juillet 2009. (GERARD BEZARD / MAXPPP)

Au commissariat d'Orléans, des policiers sont formés pour accueillir dans de meilleures conditions les femmes victimes de violences conjugales. Une association tient une permanence dans le commissariat. 

Le gouvernement ouvre ce mardi 3 septembre le "Grenelle des violences conjugales". Parmi les préconisations des associations, une meilleure formation des policiers et gendarmes appelés à recueillir les plaintes des femmes victimes. À l'image du commissariat d'Orléans, où a été mis en place un service spécifique dédié à l'accueil des victimes de violences conjugales.

Comme de nombreuses femmes victimes de violences, avant de pousser les portes du commissariat d'Orléans, Isabelle a longtemps hésité. Jusqu'au jour où tout bascule. "J'ai senti que ma vie était en danger et j'ai eu très très peur ce jour là. Je ne veux plus jamais que ça m'arrive. Donc là maintenant c'est stop, c'est pour ça que j'ai franchi le pas," explique-t-elle. Une fois assise dans un bureau isolé face à une policière, cette mère de famille d'une quarantaine d'années hésite. 

J'hésite parce qu'il est très difficile de porter plainte contre la personne avec qui on a vécu longtemps.Isabelle, victimeà une policière

Finalement, elle dépose plainte contre son mari pour des violences qui durent depuis des années. Une psychologue de la police va ensuite la rencontrer à plusieurs reprises."Ça nous aide parce qu'on nous écoute et on comprend que la personne qui est violente en face de vous est hors-la-loi. On a besoin de personnes qui nous le disent. On se dit qu'on nous entend, qu'on nous écoute et qu'on n'est pas tout seul. C'est important de venir, il faut venir", explique Isabelle.

A Orléans, les victimes de violences conjugales sont accueillies par des fonctionnaires formées à cette problématique.

Il faut prendre sur soi, faire parler la victime. Parfois les gens viennent pour une vingtaine d'années de violence, donc ce n'est pas évident.Géraldine, major de policefranceinfo

"Généralement elles n'ont pas du tout envie d'en parler, donc il faut faire ressortir au maximum les violences qui ont pu arriver," poursuit la major de police.

Une permanence d'accueil et d'écoute jouxte le service des plaintes 

Juste à côté du service des plaintes, le lieu d'accueil et d'écoute du Loiret tient une permanence pour les victimes. Bastien Gatelier est assistant social. "Mon but est de compléter le travail des policiers qui eux vont s'attacher à l'infraction en essayant d'élargir l'accompagnement vers toutes les problématiques que peuvent rencontrer les dames. Que ce soit en lien avec les ressources qu'elles peuvent avoir ou non, les recherches de logement dont elles pourraient avoir besoin pour elles ou leur famille, et leur permettre de faire toutes les démarches nécessaires."

Libérer la parole, c'est aussi le but du Grenelle. En France, seulement une femme victime sur cinq dépose plainte pour violences conjugales.  

A Orléans, des policiers formés pour recueillir la parole des victimes de violences conjugales. Un reportage de David Di Giacomo.
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