VIDEO. Des Femen perturbent une conférence de Tariq Ramadan au Bourget

Tariq Ramadan donne une conférence à Bordeaux, le 26 mars 2016.
Tariq Ramadan donne une conférence à Bordeaux, le 26 mars 2016. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

L'organisation assure "protester contre la venue de prédicateurs intégristes" dans un communiqué, samedi. 

Des Femen ont perturbé, seins nus, une conférence de l'islamologue suisse controversé Tariq Ramadan, lors du grand rassemblement musulman annuel du Bourget (Seine-Saint-Denis), samedi 14 mai.

Sur la vidéo, on voit une femme vêtue d'une abaya (tunique longue laissant apparaître le visage) s'approcher de Tariq Ramadan. Arrivée à quelques mètres de lui, la jeune femme ôte sa tenue pour dévoiler sa poitrine nue. Elle est rejointe par trois autres militantes aux torses également dévêtus, qui scandent "Allah is not a politician" ("Allah n'est pas un homme politique"), avant que le service d'ordre ne les dirige vers la sortie.

"Elles veulent faire le buzz"

Dans un communiqué, l'organisation féministe, coutumière de ce genre d'actions, explique qu'elle entend "protester contre la venue de prédicateurs intégristes lors d'un rassemblement visant à politiser les musulmans de France sous l'égide des Frères musulmans". "Notre but est de s'opposer aux ambitions politiques de l'islam", assène Inna Shevchenko, porte-parole des Femen à Paris.

"C'est un non-incident", a répondu Tariq Ramadan, tout sourire et escorté par plusieurs membres de la sécurité à travers le congrès. Il devait participer dans la journée à d'autres débats. "On s'y attendait, elles veulent faire le buzz", a indiqué un responsable de l'organisation de la rencontre du Bourget, ajoutant: "On les a raccompagnées calmement vers la sortie".

Petit-fils du fondateur des Frères musulmans, l'Egyptien Hassan El-Banna, Tariq Ramadan est accusé par ses détracteurs de manier un double discours et de promouvoir en sous-main un islam politique. L'intéressé, qui souhaite obtenir la nationalité française, affirme, quant à lui, adhérer aux "valeurs de la République".