Expulsion d'une élève kosovare : Manuel Valls s'explique

(Maxppp)

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, interpellé à gauche pour l'expulsion controversée d'une collégienne kosovare dans le Doubs, s'est justifié mardi soir. Il a assuré veiller "au respect des droits des étrangers". La collégienne a été remise à la police la semaine dernière alors qu'elle participait à une sortie scolaire.

Manuel Valls réagit, alors que les critiques se multiplient quant aux conditions d'explusion controversées d'une adolescente rom kosovare vivant à Levier, dans le Doubs. La collégienne de 15 ans a été remise à la police alors qu'elle participait à une sortie scolaire. Le 9 octobre, elle a été expulsée vers le Kosovo, faisant l'objet avec ses parents et ses cinq frères et soeurs d'une obligation de quitter le territoire. 

Le Parti de gauche a fustigé mardi la "politique  inhumaine " du ministre de l'Intérieur, l'accusant de "pourchasser " les Roms "jusque dans les écoles ". "Les circonstances et les responsabilités qui ont amené la préfecture à  prendre une telle décision doivent être clairement établies ", a également déclaré le porte-parole du PS David Assouline. "Faire descendre d'un bus par les forces de l'ordre une élève devant  l'ensemble de ses camarades de classe est insupportable et inacceptable ", a-t-il estimé.

Le ministre veille "scrupuleusement au respect des droits des étrangers"

Mardi soir dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, dont les propos sur les Roms ont été vivement critiqués ces dernières semaines, affirme appliquer "avec fermeté les décisions  d'éloignement tout en veillant scrupuleusement au respect des droits des  étrangers qui font l'objet d'une mesure d'éloignement ".

Selon le ministre, lorsque la police s'est présentée au domicile où la jeune fille était manquante, "un membre du comité de soutien de la famille a, en présence de la mère,  appelé cette jeune fille sur son téléphone portable. Il a été convenu entre la famille, le représentant de son comité de soutien, l'enseignante en charge de la sortie scolaire et les forces de l'ordre de laisser la jeune fille sortir du bus afin de lui permettre de rejoindre sa famille dans le cadre de l'exécution  de la mesure d'éloignement ", précise le ministre. "La jeune fille est descendue du bus pour attendre les fonctionnaires qui  sont venus la prendre en charge ", ajoute-t-il.