Affaire Vincent Lambert : un comité de l'ONU demande le maintien provisoire des soins

Viviane Lambert, la mère de Vincent Lambert, au tribunal de Reims, le 1er février 2016.
Viviane Lambert, la mère de Vincent Lambert, au tribunal de Reims, le 1er février 2016. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Cette annonce intervient quatre jours après que la Cour européenne des droits de l'homme a rejeté la requête des parents qui contestaient une décision du Conseil d'Etat, validant l'arrêt des soins. 

Nouveau rebondissement dans l'affaire Vincent Lambert. Le Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU (CIDPH) a demandé à la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins de Vincent Lambert, dans l'attente d'une instruction sur le fond, ont fait savoir les avocats des parents, samedi 4 mai. "La requête a été enregistrée et l'instruction commence devant ce comité international", une procédure qui dure "en pratique plusieurs années", a assuré Me Jérôme Triomphe, l'un des avocats des parents. L'Etat français dispose de six mois pour fournir ses observations au comité. En attendant, ce dernier demande à la France de veiller à ce que l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert ne soient pas suspendues, en vertu de la convention relative aux droits des personnes handicapées.

Cette annonce intervient quatre jours après que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a, elle, ouvert la voie à l'arrêt des soins de Vincent Lambert, hospitalisé à Reims dans un état végétatif depuis dix ans, en rejetant la demande de suspension d'une décision du Conseil d'Etat. Dans cette affaire, les décisions sur un arrêt des soins n'ont jamais été mises en œuvre, freinées par de multiples imbroglios et recours juridiques successifs.

"Grand soulagement" 

"C'est une grande satisfaction. Enfin, une instance spécialisée va pouvoir se prononcer sur le fond de l'affaire. Est-ce qu'il est normal qu'on tue une personne handicapée au motif qu'elle est handicapée ? (...) Est-ce qu'il est à sa place dans un service de soins palliatifs, enfermé à clé dans une chambre (...) ou est-ce que sa place est dans une unité spécialisée ?", a déclaré Me Triomphe. Il a également confié son "grand soulagement" car "il y a, depuis plus d'un an, un acharnement judiciaire et médical à faire mourir Vincent".

Me Gérard Chemla, l'avocat de François Lambert – un neveu de Vincent Lambert qui dénonce un acharnement thérapeutique –, a déploré de son côté une demande "épouvantable". "Ce comité Théodule vient rejuger" une nouvelle fois cette affaire, "et au nom des droits de l'homme, bafoue les droits d'un homme qui souffre gratuitement depuis des années (...)", a-t-il réagi. François Lambert a, pour sa part, dénoncé "un simulacre". Le comité "se fait de la publicité sur le dos de Vincent, il n'a aucune autorité, car il a juste le moyen de donner un avis. Sa position est indéfendable", a-t-il déploré.

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