Fin de vie : "Le droit de pouvoir finir ses jours chez soi me paraît être un droit humain essentiel", estime Didier Sicard

Deux personnes se tiennent la main. (Illustration). 
Deux personnes se tiennent la main. (Illustration).  (JULIO PELAEZ / MAXPPP)

Le président d'honneur du Comité consultatif national d'éthique salue la décision de la Haute autorité de santé qui recommande d'autoriser les médecins de ville à pratiquer la "sédation profonde et continue" pour les patients en fin de vie. 

"Le droit de pouvoir finir ses jours chez soi me paraît être un droit humain absolument essentiel", a estimé lundi 10 février sur franceinfo le professeur Didier Sicard, alors que la Haute autorité de santé recommande d'autoriser les médecins de ville à pratiquer la "sédation profonde et continue" pour leurs patients en fin de vie. "Le médecin est responsable, il connaît son malade. Ce dialogue singulier entre un malade et un médecin l'emporte sur toutes les lois", a ajouté Didier Sicard, président d'honneur du Comité consultatif national d'éthique, auteur d'un rapport sur la fin de vie remis en 2012 à François Hollande.

"Nous souhaitons pouvoir suivre à domicile nos patients jusqu'au bout, quand c'est leur désir de pouvoir rester chez eux", a expliqué lundi sur franceinfo le Dr Jacques Battistoni, président du syndicat de médecins généralistes MG France. "Le questionnement qu'on se pose actuellement ce n'est pas celui de l'euthanasie, c'est celui de ne pas prolonger inutilement et d'accompagner le mieux possible le patient, et ça doit être possible à domicile", a-t-il ajouté.

"Les médecins ont besoin d'être responsabilisés, pas sous la menace de la justice"

Selon Didier Sicard, il y a "une défiance des médecins généralistes, alors qu'eux-mêmes souhaiteraient pouvoir accompagner beaucoup mieux leurs malades. Je trouve qu'il y a une défiance par rapport à eux, qui est inacceptable. Il ne faut pas non plus les infantiliser. Les médecins ont besoin d'être responsabilisés, pas d'être sans arrêt sous la menace de la justice, ce qui, je trouve, est insupportable." Il y a deux mois, un médecin généraliste normand a été mis en examen et interdit d'exercer car il avait obtenu un puissant sédatif sans autorisation et l'avait administré à plusieurs de ses patients.

Le président du syndicat de médecins généralistes MG France a par ailleurs insisté sur le fait que la décision de pratiquer la "sédation profonde et continue" doit être prise "collectivement", avec "les gens qui sont le plus proche du patient", comme "l'infirmière libérale qui se déplace à domicile et qui le connaît", ainsi que la famille.

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