Euthanasie : 240 médecins écrivent à Hollande contre la radiation d'un urgentiste

Nicolas Bonnemaison devant la cour d\'appel de Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 6 septembre 2011. Poursuivi pénalement pour sept cas d\'euthanasie, cet urgentiste a été radié par l\'Ordre régional des médecins.
Nicolas Bonnemaison devant la cour d'appel de Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 6 septembre 2011. Poursuivi pénalement pour sept cas d'euthanasie, cet urgentiste a été radié par l'Ordre régional des médecins. (PIERRE ANDRIEU / AFP)

Ils exigent la suspension immédiate de la mesure de radiation visant Nicolas Bonnemaison, mis en examen en 2011 pour sept cas d'euthanasie sur des patients en fin de vie.

"Nous nous indignons de la radiation du docteur Nicolas Bonnemaison et demandons la suspension immédiate de la sanction." Deux cent quarante médecins ont écrit, mercredi 6 février, une lettre ouverte à François Hollande pour exiger la suspension immédiate de la mesure de radiation visant un urgentiste de Bayonne, Nicolas Bonnemaison. Poursuivi pénalement pour sept cas d'euthanasie sur des patients en fin de vie, mis en examen plusieurs fois, il a été radié par l'Ordre régional des médecins le 24 janvier, la plus grave des cinq sanctions qui pouvaient être appliquées.

Les 240 signataires s'adressent aussi au président du Conseil de l'Ordre des médecins, Michel Legmann, et aux ministres de la Santé et des Personnes âgées, Marisol Touraine et Michèle Delaunay.

Qui sont les signataires ?

Ecrite à l'initiative de l'anesthésiste du CHU de Bayonne Marie-Pierre Kuhn, cette lettre, révélée par le quotidien régional Sud-Ouest, a été cosignée par quinze professeurs dont certains membres de l'Académie de médecine, deux anciens directeurs d'hôpitaux, un sociologue et plus de 200 médecins de métropole et des DOM-TOM.

Que demandent-ils ?

Les signataires demandent "la suspension immédiate" de la sanction prise à l'encontre de Nicolas Bonnemaison, qui dirigeait l'Unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD) du centre hospitalier de la Côte basque. "Ils sont tous unanimes à dénoncer la façon dont la juridiction ordinale, présidée par un magistrat professionnel, a pu se prononcer alors qu'elle ignore tout des faits qui sont au cœur de l'information judiciaire actuellement ouverte à Bayonne", précise Sud-Ouest.

"Du fait du secret de l'instruction, les membres de la chambre n'ont jamais eu accès aux dossiers médicaux des patients, écrivent-ils. Le seul document officiel public depuis le 17 novembre 2011 est le rapport de l'IGAS [Inspection générale des Affaires sociales], issu d'une mission mandatée par le ministère de la Santé."

Les avocats du Dr Bonnemaison ont indiqué leur intention de faire appel de cette décision. Cet appel sera étudié par la chambre disciplinaire nationale de l'Ordre des médecins, à Paris.

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