"Ça s'appelle du soin" : la Fédération des médecins de France réclame le droit d'administrer un sédatif pour accompagner la fin de vie

Le président de la Fédération des médecins de France, Jean-Paul Hamon, à la sortie de l\'Elysée, à Paris, le 18 septembre 2018. 
Le président de la Fédération des médecins de France, Jean-Paul Hamon, à la sortie de l'Elysée, à Paris, le 18 septembre 2018.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

Un médecin traitant a été mis en examen mi-novembre pour avoir involontairement causé la mort de cinq personnes âgées, en prescrivant ce médicament d'ordinaire réservé à un usage hospitalier.

Il dénonce une situation "insupportable". Dans un entretien au Parisien, vendredi 27 décembre, le président de la Fédération des médecins de France, Jean-Paul Hamon, réclame le droit d'administrer du midazolam, un médicament pouvant être utilisé pour mettre en œuvre une sédation profonde jusqu'à la mort.

"On veut avoir le droit d'administrer des sédatifs comme le midazolam, jusqu'alors réservé au milieu hospitalier", affirme Jean-Paul Hamon, soulignant qu'il ne s'agit pas d'euthanasie. "Pas du tout, réplique-t-il. C'est une étape supplémentaire dans la prise en charge de la douleur." 

Lorsqu'un patient veut mourir chez lui, il faut que son départ soit le plus digne possible. Ça s'appelle du soin. Evidemment, l'utilisation du midazolam serait tracée, encadrée.Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de Franceau "Parisien"

Le président de la Fédération des médecins de France rappelle qu'"il y a des malades qui habitent dans des régions où il n'y a pas de service d'hospitalisation à domicile", où l'accès au midazolam est possible, "ou qui ne le souhaitent pas". "Que fait-on des patients atteints de cancers incurables au stade terminal, des personnes âgées voulant mourir chez elles mais que la morphine ne peut même plus calmer ?, dénonce-t-il. On les laisse dans d'atroces souffrances et on dit à la famille, impuissante, que l'on ne peut rien faire ?"

Une pratique courante, selon Jean-Paul Hamon

Cet entretien intervient alors qu'un généraliste normand exerçant à Angerville-la-Martel (Seine-Maritime) a été mis en examen mi-novembre, pour avoir involontairement causé la mort de cinq personnes âgées en prescrivant ce médicament. Il a reconnu les faits, tout en précisant "qu'il ne s'inscrivait pas dans une démarche d'euthanasie", selon un communiqué du parquet. Il est interdit d'exercer tout comme son épouse, anesthésiste, mise en examen pour complicité et abus de confiance.

Jean-Paul Hamon reconnaît auprès du Parisien avoir aidé des patients à partir, dans le passé. "C'est arrivé, affirme-t-il. Je n'ai jamais utilisé du midazolam mais d'autres anxiolytiques." Une pratique courante, selon le président de la FMF. Selon lui, "la France serait un Sahara médical" s'il "fallait interdire d'exercice tous les médecins généralistes qui prennent en charge la fin de vie, sans être tout à fait dans les règles".

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