Embauche : le CV anonyme gommerait les inégalités sans les supprimer

(Le CV anonyme a déjà été testé dans différentes entreprises comme Axa, La Poste ou encore Total. © Maxppp)

Selon une étude, le CV anonyme permettrait aux candidats d'origine étrangère d'obtenir plus facilement un entretien ou de se voir embauchés. Cette amélioration n'efface pas pour autant les inégalités dont ils sont victimes.

Depuis le début de l'année, le Conseil général de l'Essonne teste le CV anonyme pour ses propres recrutements. Une étude s'est alors basée sur les résultats de ce nouveau dispositif d'embauche en s'attardant sur les cas des candidats portant des prénoms turcs ou maghrébins - considérés comme "discriminables".

En comparant avec des données datant de 2012, l'étude conclut que le CV anonyme "augmenterait nettement" leurs chances. Ces candidats ont 32 % de chances supplémentaires de décrocher un entretien et 36% de se faire embaucher.

Une meilleure considération donc, même si ce dispositif n'efface pas complètement les inégalités dont ils sont victimes.

Des inégalités "dans l'accès aux formations"

Ces personnes ont encore 26% de chances en moins de passer un entretien et 32% d'être recrutés par rapport aux autres candidats. Selon l'étude, cet écart s'explique d'abord par le fait que le Conseil général privilégie les candidatures internes et les fonctionnaires. Deux catégories où les candidats d'origine étrangère sont sous-représentés.

Autre explication, le manque de diplôme de ces candidats. Se pose alors la "question des inégalités dans l'accès aux formations", analyse l'auteur de l'étude et président de l'Observatoire des discriminations, Jean-François Amadieu.

L'entretien, "une étape très subjective"

Selon le chercheur, des "épreuves impersonnelles – test, mises en situation professionnelle" pourraient être mises en place afin de "réduire le poids de l'entretien, qui est une étape très subjective" .

Cette expérimentation relance le débat sur l'instauration ou non du CV anonyme dans les entreprises.

Le gouvernement attend cependant, les recommandations d'un groupe de travail sur ces discriminations avant de légiférer. Les conclusions de ce groupe seront rendues en mars prochain.

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