Élections professionnelles : la CGT va-t-elle payer l'affaire Lepaon ?

(La CGT et son secrétaire général Thierry Lepaon dans l'oeil du cyclone depuis plusieurs semaines © MAXPPP)

La CGT, fragilisée par les révélations autour de son secrétaire général, pourrait perdre son rang de première organisation au terme des élections professionnelles dans la fonction publique ce jeudi. Plus largement, les syndicats redoutent que l'affaire ait décrédibilisé l'ensemble des organisations.

Ce jeudi, plus de cinq millions de fonctionnaires sont appelés à élire leurs représentants syndicaux, dans le cadre des élections professionnelles dans la fonction publique (voir infographie ci-dessous). Elles concernent les agents publics de l'État, des hôpitaux ou des collectivités locales.

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Mais cette année, au-delà du scrutin à proprement parler, ces élections sont marquées par un contexte bien particulier. Après les révélations autour de la rénovation de l'appartement, du bureau, et des indemnités de fin de contrat touchées par son secrétaire général Thierry Lepaon, le premier rang de la CGT apparaît pour le moins menacé. En 2011, lors des dernières élections professionnelles dans la fonction publique, le syndicat, avec 25 % des voix, disposait d'une confortable avance sur son plus proche concurrent, la CFDT : six points d'écart.

Les autres syndicats ne s'en réjouissent pas

Cela dit, les syndicats concurrents de la CGT ne se frottent pas les mains, loin de là. Ils craignent au contraire que cette affaire décrédibilise l'ensemble des organisations syndicales ; il peut y avoir dans une partie de l'opinion le sentiment erroné que les syndicalistes sont "tous pourris " résumait récemment le numéro un de la CFDT, Laurent Berger. Dans son sillage, d'autres craignent que cette impression dissuade les électeurs de voter, et fasse gonfler l'abstention.

Pour autant, sur le terrain, les militants disent ne pas pâtir de cette affaire Lepaon. À Bobigny, par exemple, les tractages se sont bien passés, et la polémique a surtout fleuri en interne affirment les militants de la CGT.

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Malgré cet optimisme affiché, il y a des signes négatifs. La CGT a récemment nettement reculé dans deux de ses bastions : à la SNCF et chez Orange.

(Jeudi, les élections professionnelles dans la fonction publique © IDÉ)
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