Des enseignants de ZEP se mobilisent à nouveau pour leurs lycées

Manifestation lycéenne pour le maintien des ZEP (photo d\'illustration)
Manifestation lycéenne pour le maintien des ZEP (photo d'illustration) (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Une centaine de professeurs ont manifesté mardi sur la place de la République à Paris pour demander le maintien et la pérennisation des moyens affectés aux lycées dit ZEP, situés en zone d'éducation prioritaire.

Ce sont souvent de jeunes professeurs qui se sont mobilisés mardi 3 janvier après-midi sur la place de la République, à Paris, pour une cinquième journée d’action en faveur des lycées dans des zones d’éducation prioritaire (ZEP). Au total, une centaine de manifestants avec des banderoles "Touche pas à ma ZEP",  "Sauvons l’éducation prioritaire". Jeunes professeurs parce que ce sont souvent eux qui débutent dans ces zones difficiles. Aujourd’hui, ils veulent montrer leur attachement à ces établissements qui depuis des années bénéficient de moyens supplémentaires car, disent-ils, il n’y a "pas de recette miracle pour faire réussir nos élèves".

Professeur de sciences économiques et sociales au lycée Maupassant de Colombes dans les Hauts-de-Seine, Nicolas Kemoun fait partie du collectif "Touche pas à ma ZEP". Dans son lycée, "70% d’élèves sont issus de milieux défavorisés", explique-t-il. Dans ce contexte, l’enseignant insiste sur la nécessité "de limiter les effectifs par classe, de pouvoir travailler en demi-groupes et de maintenir toute une série de projets qui permettent la réussite des élèves".

Un calendrier défavorable

Comme d’autres enseignants, il a choisi de se mobiliser dès cette rentrée des classes de janvier car au fond tout est affaire de calendrier. Le ministre de tutelle est d’accord avec eux. Au même titre que la réforme de l’éducation prioritaire pour les collèges qui a eu lieu il y a deux ans, Najat Vallaud-Belkacem est favorable à une réforme similaire pour les lycées. Il faut tout remettre à plat, redessiner la carte géographique des établissements aidés. Mais la ministre de l’Education nationale estime qu’elle n’aura pas le temps de mener cette réforme d’ici l’élection présidentielle. En attendant, elle maintient les moyens actuels.

Les enseignants eux ne sont pas de cet avis. On peut mener cette réforme avant le mois de mai mais il y a urgence, disent-ils. "L’objet du mouvement actuel c’est d’obtenir un véritable statut pour les lycées en zone d’éducation prioritaire qui puisse garantir l’ensemble des moyens C’est tout à fait possible. Le travail est engagé il ne reste plus qu’à le finaliser", explique Nicolas Kemoun.

 

La mobilisation des lycées de ZEP expliquée par Solenne Le Hen.
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