Vincent Peillon présente sa "refondation de l'école"

(Maxppp)

Alors que les enseignants grognent contre le projet de décret sur la réforme des rythmes scolaires, le ministre de l'Education a présenté ce mercredi en conseil des ministres son autre texte phare, le projet de loi sur la refondation de l'école. Face aux critiques du projet, Jean-Marc Ayrault a annoncé la prolongation de la concertation sur le sujet. Retour sur les principales mesures de cette réforme.

La "refondation de
l'école" est en route : le projet de loi porté par le ministre de
l'Education Vincent Peillon a été présenté mercredi matin en conseil des
ministres. Le projet de loi, qui devrait être examiné par le parlement au mois
de mars, est le résultat de plusieurs mois de concertation entre les différents
acteurs de l'éducation.

Alors que François
Hollande s'apprête à présenter ses vœux aux Français, le projet de loi, selon
le gouvernement
, constitue "une étape majeure dans la refondation de l'école
érigée en priorité par le président de la République
". Elle contient en
effet certaines des promesses de campagne du candidat Hollande, dont l'embauche
de 60.000 personnes dans l'Education.

Les principales mesures

L'augmentation
du nombre de postes
:
en
cinq ans, la loi prévoit l'embauche par le ministère de l'Education de 54.000
personnes, plus 5.000 pour l'enseignement supérieur et 1.000 pour l'enseignement
agricole. Près de la moitié de ces postes, soit 27.000 emplois, concernent la
formation des enseignants. Dans le primaire, 7.000 postes seront affectés à
l'objectif "plus de maîtres que de classes ", notamment dans les zones
défavorisées, pour varier les pratiques pédagogiques.Une
maternelle redéfinie :
il
s'agit en particulier de rendre l'école maternelle accessible à nouveau aux
enfants de moins de trois ans
. Cette scolarisation dès le plus jeune âge
permettrait de combattre l'échec scolaire, en particulier dans les zones
d'éducation prioritaires. D'ici 2014, la maternelle verra ses missions
redéfinies.La
formation des enseignants :

Pour la rentrée 2013, la loi prévoit la création des "Ecoles supérieures
du professorat et de l'éducation", les Espé. Ces nouveaux organismes
doivent pallier la suppression, en 2010, de la formation des enseignants dans les IUFM. Objectif
: donner aux futurs enseignants des bases pédagogiques, en plus de leur
formation académique.Une
langue vivante obligatoire dès le CP :
pour faire face à des résultats considérés comme
"alarmants" dans les langues étrangèresDes
cours de morale à l'école :

cette mesure, qui a fait débat au moment de son annonce, sera finalement bien
intégrée au projet de loiMais
aussi,
une réduction des
redoublements, la création d'un service public de l'enseignement numérique, ou
encore un parcours de découverte du monde professionnel dès la 6e, à
compter de 2015.

Un décret pour les rythmes
scolaires

La question des rythmes
scolaires, et le retour à la semaine de quatre jours et demi, qui suscite le débat au sein du corps enseignant, ne fait pas partie
du texte de loi. Elle sera l'objet d'un décret et s'étale sur deux ans : les
communes qui le souhaitent l'appliqueront dès 2013, les autres peuvent demander
un report en 2014. Cette mesure est à l'origine de la grève des enseignants
parisiens du primaire, mardi. 

Les syndicats d'enseignants sont montés au créneau face à l'annonce de cette réforme. Ce mercredi, des manifestations avaient lieu dans plusieurs villes de France pour demander l'annulation de la réforme des rythmes, qui doit être publiée au JO dans les prochains jours. Pour Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, les futures élections locales auront raison de cette réforme.

Le Parti socialiste a fait bloc pour soutenir Vincent Peillon. A l'Assemblée Nationale, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé quela concertation sur la refondation de l'école serait prolongée d'un mois, jusqu'au début du mois de mars.

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