VIDEO. "On s'efface socialement, c'est un cercle vicieux" : un étudiant témoigne de la précarité à l'université

Comme de nombreux étudiants, mobilisés depuis l'immolation par le feu de l'un de leurs camarades devant le Crous de Lyon, Ugo raconte ses difficultés, l'insécurité financière qu'il vit au quotidien et son impact sur ses études.

"Pâtes, riz, pommes de terre..." Le menu d'Ugo, 19 ans, étudiant en licence d'histoire et de sociologie à Rennes, ne fait pas rêver. Pendant plusieurs mois, cet étudiant boursier a vécu avec 100 euros par mois. "Je suis boursier échelon zéro bis, c'est l'échelon le plus bas pour avoir des aides, et c'est toutes les aides que j'ai", explique-t-il à franceinfo. Comme de nombreux étudiants, mobilisés depuis qu'Anas K., l'un de leurs camarades, s'est immolé par le feu devant le Crous de Lyon, il subit cette précarité économique et a accepté de la raconter.

Malgré l'aide de ses parents, qui financent son studio de 9 m2 à 300 euros par mois, Ugo avait un budget serré et a dû se restreindre. "Il n'y a aucune dépense d'habillement. Avec 100 euros par mois, on continue avec ce que l'on avait avant et on essaie de tenir, explique-t-il. Il y a un poste de dépense qui arrive, c'est le chauffage. Si on n'a pas les moyens de payer, on n'allume pas le radiateur."

"On la voit, la précarité, la pauvreté"

L'étudiant a aussi pu profiter de l'épicerie gratuite installée au sein de son campus. "Il y a une file qui commence presque dans le bâtiment voisin, on voit bien qu'il y a énormément de monde. C'est comme si on avait mis les Restos du cœur au milieu de l’université. On la voit, la précarité, la pauvreté", raconte-t-il.

Afin de compléter ses revenus, Ugo a aussi essayé plusieurs petits boulots, comme coursier à vélo. Mais la précarité a aussi des conséquences plus larges dans la vie des étudiants, selon lui : "C'est difficile par rapport aux autres. Quand on nous propose de sortir, d'aller au cinéma, tout ce qui fait partie de la vie sociale, on refuse systématiquement. On s'efface socialement, on est obligé de se renfermer sur soi-même et c'est un cercle vicieux."

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