VIDEO. "J'ai été embauchée en vingt minutes" : le cri d'alarme d'une ex-enseignante en Seine-Saint-Denis

Marion Armengod a exercé pendant un an comme professeure des écoles contractuelle. De son expérience, elle a tiré un livre, "Ils ont tué l'école".

L'Education nationale traverse une crise. Après le suicide d'une directrice maternelle à Pantin (Seine-Saint-Denis), une ancienne enseignante contractuelle témoigne des conditions d'embauche et de formation des professeurs des écoles. Marion Armengod était l'invitée, dimanche 6 octobre, de l'émission "C politique" sur France 5. "J'ai été quand même embauchée en vingt minutes, déplore-t-elle. Pour devenir enseignante contractuelle, il suffit d'avoir une licence, peu importe le domaine de la licence". "Ça dure vingt minutes, on nous pose des questions pour évaluer un état psychologique", poursuit-elle.

"On m'appelle maîtresse, je n'ai pas été formée"

Si l'entretien est concluant, les aspirants sont très vite lancés dans le grand bain. "Deux jours après [l'entretien], je suis devant une classe, on m'appelle maîtresse, je n'ai pas été formée. Personne n'a vérifié mon travail sur une année scolaire, je n'ai eu aucun accompagnement, aucune formation, pas même les programmes de l'Education nationale. C'est complètement hallucinant." Pendant un an, elle a enseigné devant des enfants de 3 à 12 ans, dans le même département que Christine Renon, la directrice qui a mis fin à ses jours lundi 23 septembre. Marion Armengod a suivi plus particulièrement une classe de grande section de maternelle et en a tiré un livre, Ils ont tué l'école (Seuil).

Dans son ouvrage, elle dénonce une "aberration". "La grande section de maternelle qui accompagne au CP, face à une enseignante comme moi qui n'a pas de formation...", souffle-t-elle. Et son cas n'est pas isolé, puisqu'elle affirme qu'un tiers des enseignants du 93 "sont maintenant des contractuels".

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