Trafic de sujets d'examen de médecine : 3 à 15 mois requis

(Maxppp)

Le procureur de Bobigny a requis mardi des peines de 3 à 15 mois avec sursis pour sept anciens étudiants en médecine de l'université Paris 13. L'un d'eux avait volé des sujets d'examen et tenté de les vendre, les six autres avaient voulu les acheter pour quelques milliers d'euros.

"Pas fameux ces résultats, si tu as besoin d'aide je suis là ", voilà le genre de messages que ces étudiants ont reçu un beau jour de 2009 dans leur boîte mail Facebook. L'expéditeur : "Tom Paris XIII", de son vrai prénom Mickaël, un étudiant en médecine de l'université Paris 13, âgé de 26 ans. A la barre mardi, devant le tribunal correctionnel de Bobigny, le jeune homme a reconnu les faits : avoir volé des sujets de partiels et avoir tenté de les vendre à ses camarades en difficulté. Six d'entre eux comparaissaient également mardi.

En échec et "sous pression " après avoir fait trois fois sa première année, et deux fois sa deuxième année, Mickaël raconte que le jour où il se retrouve dans un bureau de l'administration où les sujets sont conservés, il ne peut pas résister et les photocopie. La première fois, il ne les utilise que pour lui et obtient des résultats excellents aux partiels : "Pour la  première fois, j'ai eu un appel de mon père, pour me dire qu'il était fier de  moi ", raconte-t-il.

Prix d'appel des sujets d'examens : 250.000 euros, finalement vendus quelques milliers d'euros

C'est au semestre suivant qu'il se lance dans un trafic. Il parvient d'abord à copier la clé du bureau en question, puis "cracke" le mot de passe de l'ordinateur et copie les sujets. Mickaël repère ensuite ses cibles dans le bas des classements aux examens. Il se met alors à monnayer les sujets, avec un prix d'appel à 250.000 euros, rien que ça. Le prix payé sera au final bien plus bas : quelques transactions, dont la plus importante plafonne tout de même à 6.000 euros, remis en partie en liquide sur un parking de McDo. Pour plus de crédibilité, l'étudiant ne se faisait payer qu'après les résultats d'examens.

"J'attends pas un smicard pour ma fille, j'attends un chirurgien avec une Porsche et un appart à Neuilly"

Pour justifier son geste, le jeune homme évoque son tout nouveau beau-père qui lui aurait dit : "J'attends pas un smicard  pour ma fille, j'attends un chirurgien avec une Porsche et un appart à Neuilly ". Au final, le procureur a requis 15 mois de prison avec sursis contre Mickaël, ainsi que la publication de la condamnation à la fac de médecine et dans le magazine L'Etudiant. Trois à huit mois avec sursis ont été requis contre ses co-prévenus.  

Pratiquement tous ont depuis arrêté leurs études de médecine. Mickaël, lui, s'est installé en Israël où il a démarré des études de... "business ".