Sécurité : une enquête du principal syndicat de proviseurs pointe des lacunes dans les collèges et les lycées

Enfants devant un collège des Pyrénées-Orientales (photo d\'illustration)
Enfants devant un collège des Pyrénées-Orientales (photo d'illustration) (MAXPPP)

Le Syndicat national des personnels de direction révèle jeudi une enquête sur la sécurité dans les collèges et lycées français. Des lacunes sont mises en évidence.

C'est une enquête du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale (SNPDEN), le principal syndicat de proviseurs, qui tire la sonnette d'alarme jeudi 23 mars. Réalisée du 6 au 9 mars auprès de 2 130 collèges et lycées français, elle affirme que, dans 64% des cas, la configuration des établissements ne favorise pas la mise en place de mesures de sécurité.

Matériel insuffisant et personnel peu formé

Plusieurs lacunes sont mises en évidence. Seuls 40% des établissements interrogés ont mis en place un système d'alerte anti-intrusion et 45%, un système d'alerte confinement. Si la moitié des collèges et lycées disposent d'un interphone pour contrôler l'accès au site des personnes extérieures, près de deux tiers d'entre eux (64%) déclarent ne pas avoir de visiophone. Quant à l'accès par badge, il concerne moins d'un établissement sur dix (9%).

Point positif, en revanche, 88% des collèges et lycées affirment avoir réalisé un exerce anti-attentat ou anti-intrusion depuis la rentrée 2016. Selon l'enquête, l'exercice s'est déroulé "correctement" dans 92% des cas.

Les ZUS, trop souvent oubliées de la police

Plus préoccupant en revanche, les trois quarts des proviseurs interrogés (75%) expliquent qu'aucun agent au sein de leur personnel n'est formé aux questions de sécurité. Ce sont donc essentiellement la police et la gendarmerie qui épaulent les directeurs d'établissement. Mais les patrouilles restent trop aléatoires : elles sont signalées comme présentes "de temps en temps" à proximité dans 58% des cas, et "jamais" dans 33% des cas.

Quant aux collèges et lycées de zones urbaines sensibles (ZUS), ils déclarent à 47% que les forces de l'ordre ne sont "jamais" présentes à proximité. "Il est quand même étrange que les établissements les plus exposés soient ceux qui disent voir le moins souvent la police et soient les plus abandonnés à eux-mêmes", commente Philippe Tournier, le secrétaire général du SNPDEN.