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Éducation : les écoliers français ont des journées "trop chargées" et ont "trop de pression"

Des élèves vont en classe (Illustration).  (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Pour André Giordan, professeur en sciences de l'éducation à l'université de Genève, la France devrait prendre exemple sur la Suisse ou les pays scandinaves. 

Un rapport publié par l'OCDE mardi 11 septembre, intitulé "Regards sur l'éducation" et que franceinfo a pu consulter, révèle que les journées des écoliers français sont plus chargées que celles des écoliers des autres pays membres de l'organisation internationale. Pour André Giordan, professeur en sciences de l'éducation à l'université de Genève, non seulement les élèves ont des journées "trop chargées", mais ils ont aussi "trop de pression". "On est beaucoup plus cool en Suisse ou dans les pays scandinaves, où on prend le temps d'acquérir les fondamentaux", explique-t-il sur franceinfo. 

franceinfo : Le retour à la semaine de 4 jours concerne 80% des écoliers en cette rentrée en France. Leurs journées sont-elles vraiment trop chargées, selon vous ?

André Giordan : Elles sont trop chargées mais ce n'est pas le principal problème. En France, on met beaucoup trop de pression, notamment dans le primaire, alors qu'on est beaucoup plus cool en Suisse ou dans les pays scandinaves, où on prend le temps d'acquérir les fondamentaux. En France, on a un programme et on veut le boucler à la fin de l'année. Autre point important : il y a beaucoup de perte de temps en France. On apprend aux enfants, dès la maternelle, à attendre que le professeur enseigne. Alors que si on leur apprenait à travailler par eux-mêmes, on gagnerait beaucoup plus de temps. Par ailleurs, si on voulait diminuer la pression, il faudrait aussi faire des temps de relaxation ou de méditation.

Comment faudrait-il réorganiser les emplois du temps ? La semaine de quatre jours n'est pas une bonne idée ?

La semaine de quatre jours, cela plaît aux parents et c'est plus économique pour les communes, c'est sûr ! C'est intéressant sur le plan économique (…) Mais il n'y pas de bonne durée, cela dépend plus des objectifs de l'école que du nombre d'heures. En France, on calcule trop par horaires. Ce ne sont pas les heures qui sont importantes, c'est ce qu'on fait pendant ces heures-là.

Pour vous, il faut changer de méthode d'apprentissage plutôt que l'emploi du temps ?

Il faudrait d'abord avoir une réflexion sur le savoir important pour aujourd'hui. Les fondamentaux, ce n'est plus uniquement apprendre à lire, à écrire et à compter. Il y a un fondamental qui est important (...) c'est d'apprendre à apprendre. On veut que les enfants mémorisent mais on ne leur donne pas des stratégies ou des astuces pour mémoriser facilement. On veut que les enfants fassent des projets, mais on ne leur dit pas comment faire des projets. Et puis, le ministre [Jean-Michel Blanquer] parle du vivre-ensemble, c'est sûr que c'est important, mais malheureusement on ne met rien en place en France pour ce vivre-ensemble, alors que c'est fondamental par exemple en Finlande ou dans d'autres pays scandinaves.