Refus d'agrément à quatorze écoles d'ostéopathie : les étudiants, "perdus", se sentent "dans l'impasse"

Les étudiants de 14 écoles d\'ostéopathie, qui n\'ont pas obtenu d\'agrément de l\'Etat pour la rentrée 2015, doivent changer d\'établissement à la dernière minute.
Les étudiants de 14 écoles d'ostéopathie, qui n'ont pas obtenu d'agrément de l'Etat pour la rentrée 2015, doivent changer d'établissement à la dernière minute. (VOISIN / PHANIE / AFP)

Comme treize autres écoles, le Collège d'ostéopathie du pays basque n'a finalement pas reçu l'accord de l'Etat pour enseigner à la rentrée 2015. Une situation difficile à vivre pour les étudiants de dernière année.

Tom Grosjean devait débuter sa troisième et dernière année d'études d'ostéopathie en octobre. Mais, comme les autres étudiants du Collège d'ostéopathie du pays basque (COPB) de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), il se trouve dans l'impasse : le ministère de la Santé a finalement refusé de renouveler l'agrément de l'établissement, le 9 juillet dernier. Au total, 14 écoles sur 37 se trouvent dans cette situation, précise le Monde.

Les apprentis ostéopathes doivent donc changer d'école en dernière minute, afin d'obtenir un diplôme agréé par l'Etat et de pouvoir exercer légalement. "Nous sommes totalement angoissés, il nous faut une solution", s'inquiète Tom Grosjean. Âgé de 38 ans, il s'apprêtait à finir sa reconversion professionnelle après une carrière dans le tourisme.

Deux ans d'études supplémentaires

Problème : la formation dans les établissements agréés dure à présent 5 ans, contre trois auparavant. En changeant d'école, les étudiants du COPB devront donc prolonger leurs études de deux années. "C'est impossible financièrement pour la plupart d'entre nous", martèle Tom Grosjean, qui a contracté un prêt pour financer son cursus. Les écoles d'ostéopathie, toutes privées, coûtent en moyenne 10 000 euros par an.

"Nous avons déposé un recours auprès du défenseurs des droits car, légalement, nous avons le droit de finir notre cursus en trois ans : les évolutions de la formation ne sont pas rétroactives", insiste-t-il. Un autre recours a été déposé par le COPB devant le tribunal administratif de Pau (Pyrénées-Atlantiques), pour contester la décision de la commision.

La moitié des étudiants n'aura pas d'école à la rentrée

"Ce n'est pas qu'une question financière, nuance Marine Gouteron, elle aussi étudiante en dernière année au COPB. Ma famille a déménagé de Paris pour me suivre dans mes études à Biarritz : je ne vais pas repartir". La jeune femme de 23 ans, qui se dit "un peu perdue et stressée", est prête à "tout tenter pour rester au COPB".

Quitte à intégrer une école plus tard en cours d'année scolaire, si les recours n'aboutissent pas. "Mais ça voudrait dire qu'on perdrait une année, souligne Marine Gouteron. Les autres établissements nous accepteront en 2e ou en 3e année et nous serons obligés de refaire une partie du programme théorique."

Il sera toutefois difficile d'intégrer un autre établissement. "Le nombre de places est limité, explique Tom Grosjean. Les écoles agrées peuvent accueillir 300 à 400 étudiants, alors que nous sommes le double à être dans l'impasse." Les futurs ostéopathes disposent de trois ans pour réussir à s'inscrire dans une école agrée, sans quoi leurs deux premières années seront invalidées.

"J'ai préféré m'assurer un avenir"

Alexandre Berthon a, lui, décidé de changer d'école. Il craignait de ne pas obtenir de place dans les autres écoles s'il attendait plus longtemps. "Je ne pouvais pas me permettre de prendre de risque, car j'ai un prêt étudiant, explique le jeune homme de 20 ans. J'ai préféré m'assurer un avenir."

Il rejoindra le Conservatoire supérieur d'ostéopathie de Nanterre (Hauts-de-Seine) à l'automne, mais en ajoutant deux années à sa formation. "Une partie de mon prêt devait servir à l'installation de mon cabinet, confie Alexandre Berthon. Je vais devoir utiliser cet argent pour payer les années supplémentaires."

"Si j'avais eu le choix, je serai resté au COPB, avoue le jeune homme, qui a déménagé chez sa mère, en région parisienne. On a été poignardés dans le dos, à la dernière minute. C'est déstabilisant, mais il va falloir s'adapter."

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