Réforme du lycée : "C'est toujours l'école de Jules Ferry en moins bien, et le coupable c'est le bac", dénonce un sociologue

Le sociologue Michel Fize dénonce le \"bachotage\" qu\'implique le bac (photo d\'illustration).
Le sociologue Michel Fize dénonce le "bachotage" qu'implique le bac (photo d'illustration). (FREDERIC DIDES / HANS LUCAS)

Michel Fize estime que "le système est piégé avec cet examen" qu'est le bac. 

"C'est toujours l'école de Jules Ferry, en moins bien, et le coupable c'est le bac", a estimé lundi 2 septembre sur franceinfo le sociologue Michel Fize, à propos de la réforme du bac qui entre en vigueur cette année. Selon ce spécialiste de la jeunesse, de l’adolescence et de la famille, "il faut recomposer le socle commun de connaissances utiles, là on est dans une situation de gavage".

franceinfo : Selon vous, le problème ce ne sont pas les réformes ou les ministres qui passent, mais le fait d'être toujours dans la même logique depuis Jules Ferry ?

Michel Fize : C'est toujours l'école de Jules Ferry, en moins bien. C’est-à-dire qu'on a toujours une verticalité, toujours une hiérarchie symbolisée par un chef d'établissement qui donne des directives aux enseignants, lesquels enseignent aux élèves qui sont en bas de l'échelle. Des élèves qui sont dans une position, une posture, qui n'est pas celle de l'adolescent normalement constitué avec ses besoins de mobilité, de parler, de s'exprimer.

Cette structure empêche parfois les professeurs de faire ce qu'ils ont envie de faire ?

L'enseignant est enfermé dans un cadre. Un cadre qui s'appelle le programme scolaire, avec un objectif qui demeure inchangé depuis Jules Ferry qui est le baccalauréat. Pour moi, le système est piégé avec cet examen. Je réaffirme, le coupable c'est le baccalauréat parce que le bac rend nécessaire les matières, qui rendent elles-mêmes nécessaires les notations, qui à leur tour rendent nécessaire le bachotage.

Vous avez l'impression que l'école "gave" au lieu d'enseigner ?

Oui, si le but de l'école c'est de faire des radoteurs qui vont être capables de recracher une matière ou un ensemble de matières, à travers des contrôles continus qui sont des mini-bacs déguisés, on n'avancera pas. Donc la question principale pour moi, c'est une question qui n'est jamais posée : l'école en 2019, pour quoi faire ? Est-ce qu'il s'agit uniquement de transmettre des connaissances ? Dans ce cas-là, est ce qu'il faut transmettre toutes les connaissances qui sont indigestes pour beaucoup et surtout inutiles à l'extérieur ? Il faut recomposer le socle commun de connaissances utiles. Là on est dans une situation de gavage.

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