Grève des correcteurs du bac : "Autour de 110 000 copies sont concernées sur 4 millions", selon le porte-parole du Snes-FSU

Frédérique Rolet, secrétaire générale et porte-parole du SNES-FSU, le 3 avril 2014.
Frédérique Rolet, secrétaire générale et porte-parole du SNES-FSU, le 3 avril 2014. (SOLLIER CYRIL / MAXPPP MAXPPP)

Certains correcteurs du bac ont prévu de ne pas envoyer les notes du bac, pour inciter le ministre de l'Éducation nationale à rouvrir des négociations sur les réformes du lycée et du bac, qu'ils contestent.

Après la grève de la surveillance des épreuves du bac 2019, certains enseignants des académies de Créteil, Versailles ou encore Dijon veulent poursuivre avec la rétention des notes. "Autour de 110 000 copies sur à peu près 4 millions" sont retenues par les correcteurs, a affirmé mardi 2 juillet sur franceinfo Frédérique Rolet, secrétaire générale et porte-parole du Snes-FSU. Les correcteurs des épreuves du baccalauréat ont théoriquement jusqu'à mardi pour envoyer les notes des candidats, mais certains prévoient de prendre leur temps et de retarder l'annonce des résultats prévue vendredi. "C'est un acte désespéré face à un ministre, face à un mur", affirme Frédérique Rolet.

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franceinfo : Soutenez-vous ce mouvement ?

Frédérique Rolet : Oui, on soutient toutes les formes d'action décidées par les collègues dans les assemblées générales face à un ministre qui pratique l'autoritarisme et qui considère que ce ne sont que quelques personnes qui contestent ses réformes. Je connais des profs qui aiment leur métier, qui ont envie d'enseigner leur discipline, d'avoir un bac qui reste un vrai bac national qui permette à tous les jeunes d'accéder à l'enseignement supérieur. C'est ce qu'est en train de défaire Jean-Michel Blanquer.

Encouragez-vous les correcteurs à ne pas envoyer les notes sur le logiciel ?

Si c'est la modalité qui est décidée collectivement, oui. Il y a eu d'autres formes d'action. Maintenant, on arrive dans la phase finale du baccalauréat.

Combien de copies sont retenues par les correcteurs ?

Les chiffres varient un peu mais c'est autour de 110 000 copies sur à peu près 4 millions.

Cela peut-il bloquer les résultats prévus vendredi ?

Oui, parce qu'il suffit qu'un élève n'ait pas sa note de philo, d'histoire-géographie ou de sciences, parce que ce sont dans ces disciplines que les correcteurs sont les plus mobilisés, pour qu'on ne puisse pas faire le total. Et donc on ne peut pas savoir s'il a le bac, s'il passe le deuxième tour ou pas.

Qu'attendez-vous ?

Il reste trois jours. Le ministre doit donner un signal. Cela fait des mois qu'on lui dit qu'on est prêt à discuter. Il y a des ajustements de la réforme qui peuvent être fait. On peut discuter d'une réforme qui soit plus proche de ce que demandent les collègues. Là, sa réponse, c'est toujours qu'il y aura des sanctions pour ceux qui ne rendront pas leurs notes à temps, mais aucun signal d'ouverture. Il peut encore le faire, sinon on risque d'avoir un retour des résultats.

Pourquoi pénaliser les élèves ?

Je ne crois pas que l'on pénalise les élèves. C'est vrai que c'est dommage et cela a été dit par beaucoup de profs. À un moment, c'est un acte désespéré face à un mur. Je pense que le ministre porte complètement cette responsabilité. Menacer de sanction, c'est la plus mauvaise réponse, c'est ignorer ce qu'est le sens du métier, qu'un prof aime travailler dans de bonnes conditions.

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