Rapport sur les rythmes scolaires : plus de journées mais moins chargées

Des élèves dans la cour d\'une école primaire parisienne, le 4 septembre 2012. 
Des élèves dans la cour d'une école primaire parisienne, le 4 septembre 2012.  (FRED DUFOUR / AFP)

Le rapport a été remis au ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, afin qu'il rende ses premiers arbitrages dès jeudi 11 octobre. 

SOCIETE - Enseignants, sociologues, parents d'élèves, élus, recteurs... Environ 800 personnes se sont concertées depuis le 5 juillet, à l'initiative de Vincent Peillon, pour penser la refondation de l'école. Vendredi 5 octobre, le ministre de l'Education nationale a reçu leurs conclusions et devrait rendre dès la semaine suivante ses premiers arbitrages. Quels changements pour l'école de demain ? 

Rythmes scolaires : une semaine de quatre jours et demi

A l'école primaire : le rapport préconise neuf demi-journées de cours par semaine, au lieu des huit instaurées actuellement en vertu de la semaine de quatre jours. Les petits Français passeraient donc à la semaine de quatre jours et demi. "La demi-journée supplémentaire serait le mercredi, avec possibilité de dérogations au niveau des communes", précise le texte.

En contrepartie, les journées d'école devraient être raccourcies afin de ne pas excéder les cinq heures d'enseignement, au lieu de six heures aujourd'hui. Il faut ajouter à ces cinq heures de cours une heure et demie minimum de pause déjeuner. 

Le rapport, qui recommande également un total de 38 semaines de classe par an contre 36 aujourd'hui, suggère qu'"il conviendrait également, pour respecter l'alternance sept semaines de cours/deux semaines de vacances, d'envisager soit la suppression du zonage de certaines petites vacances, soit le zonage de toutes les vacances".

Au collège et au lycée : pour les collégiens, le rapport indique que les jours de classe ne devraient pas compter plus de cinq heures par jour pour les sixièmes et cinquièmes, et six heures par jour pour les quatrièmes et troisièmes. Au lycée, il est recommandé de limiter le nombre d'heures entre six heures et sept heures par jour.

Ecole primaire : plus de maîtres pour dédoubler les classes

Le rapport insiste notamment sur la nécessité d'avoir plus d'instituteurs que de classes par établissement. Plutôt que d'être affectés à des classes de soutien ou des cours destinés à des élèves en difficulté, ces professeurs supplémentaires devraient permettre de dédoubler les classes pour assurer certains apprentissages spécifiques en CP, comme la lecture, l'écriture et les mathématiques.

"Sur ces apprentissages fondamentaux, il faut que les enseignants aient une formation continue pour avoir à leur disposition plusieurs méthodes d’apprentissage de la lecture par exemple, a développé Nathalie Mons, l'un des quatre rapporteurs de la concertation. Comme autant d'outils pour faire face aux difficultés des élèves qui peuvent être diverses : quand une méthode ne marche pas, on passe à une autre…"

Autre point important, le texte préconise l'enseignement d'une langue étrangère dès le CP et la suppression des devoirs à la maison. Tout devoir donné par un maître devrait ainsi être fait dans l'établissement, avant de rentrer à la maison.  

Au collège : plus de présence dans l'établissement

"Il faut que le collège, l'école soit un endroit où on reste. Au-delà des cours," a prévenu Nathalie Mons. Ainsi, le texte indique que les élèves sont obligés de rester dans l'enceinte du collège "jusqu'à 16h30, voire 17 heures". Un temps qui devra être consacré à des activités ou à de l'aide aux devoirs. Et même en cas d'exclusion, les élèves doivent rester dans l'établissement.

Le rapport prône aussi une transition plus douce entre l'école primaire et la sixième. Pour ce faire, il indique que chaque élève devrait disposer d'un casier, et ne pas être promené de classe en classe. 

Au lycée : l'orientation revue et corrigée

Sur la question de l'orientation, le rapport entend mettre davantage à contribution les parents, afin d'éviter les orientations subies en fin de troisième et fin de seconde. C'est aux parents que doit revenir le dernier mot. Pour faciliter le passage d'une filière professionnelle à une filière générale (et inversement), les classes de seconde devront être moins différenciées, d'après le rapport, qui propose d'expérimenter ce dispositif sur quelques académies afin d'étudier son impact sur le décrochage scolaire.

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