Ain : une députée LREM critique la présence de "tracts syndicaux" contre la loi Blanquer dans les cahiers de liaison des écoliers

La députée de l\'Ain Olga Givernet lors d\'une conférence de presse de La Republique En Marche à Paris en janvier.
La députée de l'Ain Olga Givernet lors d'une conférence de presse de La Republique En Marche à Paris en janvier. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Le tract encourage notamment les parents à soutenir le mouvement et à se mobiliser aux côtés des enseignants.

C'est une feuille, sans aucun logo ni signature d'un syndicat, retrouvée entre les pages du carnet de liaison de ses filles. "Qu'il y ait une information aux parents, c'est tout à fait normal. Qu'il y ait une justification sur le sujet de cette grève, cela ne me soucie pas énormément"  assure ce mercredi 10 avril sur franceinfo Olga Givernet, députée LREM de l'Ain, confirmant une information de RTL. Mais l'élue s'inquiète surtout des revendications "qui apparaissaient sur ce tract".

Un message pour soutenir la mobilisation des professeurs

L'élue a retrouvé la semaine dernière un mot expliquant la grève des enseignants dans les cahiers de liaison de ses deux filles, élèves d'une école élémentaire de l'Ain. Ce message encourage notamment les parents à soutenir le mouvement contre le projet de loi du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer et les appelle à se mobiliser : "Nous comptons sur votre soutien. Parents d'élèves et enseignants, nous devons ensemble défendre une école publique de qualité, pour la réussite des élèves. N'hésitez pas à venir nous rencontrer pour échanger et comprendre les conséquences de cette loi."

Le site du Snuipp-FSU de l'Ain encourage d'ailleurs clairement la diffusion des tracts dans les carnets de liaisons des enfants : "Les enseignants grévistes mobilisés vous invitent à diffuser massivement un des tracts modifiables ci-après à la sortie de votre école ou dans les cahiers de liaison sous pli agrafé non collé." Sauf que selon le code de l'Education, les enfants ne peuvent pas servir d'intermédiaire pour exprimer des opinions politiques. Le syndicat reconnaît une erreur ou maladresse individuelle, et précise que ce genre de tracts doit être remis "de préférence" après la classe, à l'extérieur de l'école ; ou sous enveloppe fermée ou pli agrafé, pour qu'il ne soit pas visible par les enfants. 

Un "devoir de neutralité"

"Il semblerait que le tract ait été distribué dans plusieurs classes. Quand j'ai pu échanger avec mes collègues députés, ils avaient également eu des tracts, peut-être un peu différents, mais qui avaient la même teneur d'opinions politiques", a poursuivi Olga Givernet. La députée précise : "en l'occurrence, je me suis directement adressée au ministre [Jean-Michel Blanquer] pour l'interroger et il a également pu me confirmer qu'un certain nombre de ces pratiques avaient été repérées par le ministère et qu'elles ne devaient normalement ne pas avoir lieu puisqu'il y a un devoir de neutralité de la part des fonctionnaires". Selon le code de l'Education, il est interdit de faire parvenir des informations d'opinions politiques par les élèves.

"Aujourd'hui, si nous avons besoin d'échanger avec les enseignants, nous pouvons trouver des moyens de discussion au travers de réunions. Moi, en tant que députée, je n'ai pas été interpellée par les enseignants directement, j'ai appris leurs revendications par ce tract." La députée souhaiterait "pouvoir avoir ce contact direct avec les enseignants, leurs représentants, les syndicats et avoir un échange qui va vers un consensus", a-t-elle conclu en précisant qu'elle souhaitait également se mettre en contact avec l'académie sur le sujet.

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