Ecole : les inégalités filles-garçons sont liées "à la formation des enseignants"

La salle de classe d\'une école primaire de Marseille, le 2 septembre 2008 lors de la rentrée scolaire.
La salle de classe d'une école primaire de Marseille, le 2 septembre 2008 lors de la rentrée scolaire. (MAGNIEN PATRICE / MAXPPP)

Si les inégalités entre les filles et les garçons persistent à l'école, c'est, en partie, à cause de la formation des enseignants, selon un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, publié mercredi.

L’inégalité fille-garçon persiste encore aujourd’hui à l'école et "la faute est en partie liée à la formation des enseignants", assure Margaux Collet, co-rapporteur du rapport publié par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, mercredi 22 février sur franceinfo. Si une majorité des professeurs se disent neutres mais ceux-ci reproduisent sans le savoir différents stéréotypes.

D’après cette étude, "les garçons sont plus interrogés que les filles en moyenne à 56%". Ceux-ci monopolisent aussi la cour de récréation en occupant l’ensemble de l’espace. De même, "ces inégalités sont présentes dès le CP dans les manuels scolaires. 70% des personnes représentées à faire le ménage ou la cuisine sont des femmes, précise Margaux Collet, alors que 97% des scientifiques sont des hommes." "Les noms des personnages dans les problèmes mathématiques sont aussi à majorité des prénoms masculins", ajoute-t-elleLes conséquences sont que cela impacterait l’ambition et l’imaginaire des petites filles.

Une enseignement au programme des concours ?

En 2013, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, avait mis en place de manière expérimentale le dispositif de l’ABCD de l’égalité. Celui-ci a été abandonné sur fond de polémique sur la théorie du genre"Là, on est sur un autre plan, estime Margaux Collet, on est sur la formation des enseignants en amont, ce qui est prioritaire." 

Si tous les enseignants sont formés, sensibilisés à cette question, cela sera plus efficace qu’un programme à destination des élèves.Margaux Collet, du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommesà franceinfo

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes s’est intéressé à la formation des stéréotypes dans les Écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) et les IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres). Seule la moitié des établissements a mis en place les formations dédiées. Pour réduire ces inégalités, le rapport propose "un enseignement obligatoire pour les futurs maîtres et maîtresses. Le coefficient de la matière sera important et il sera inscrit au programme des concours". Ce dispositif devrait alors susciter l’intérêt des étudiants et faire diminuer les inégalités.