Plateforme Parcoursup : "La situation est, au-delà de perturbée, très stressante pour les jeunes", s'alarme la Fage

Le lycée Hélène Boucher à Paris (illustration).
Le lycée Hélène Boucher à Paris (illustration). (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Orlane François, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes, appelle à la vigilance quelques heures avant la publication des résultats des voeux d'enseignements supérieurs Parcoursup pour les lycéens de Terminale, notamment face aux difficultés matérielles et l'isolement que peuvent rencontrer les élèves.

"La situation est, au-delà de perturbée, très stressante pour les jeunes", a réagi sur franceinfo mardi 19 mai Orlane François, présidente de la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes), quelques heures avant la publication des résultats des voeux d'enseignements supérieurs Parcoursup pour les lycéens de Terminale. Elle a appelé à la "vigilance" face aux difficultés matérielles et l'isolement que peuvent rencontrer les élèves : "On sait qu'on a des lycéens qui sont dans des zones blanches, qui n'ont pas Internet, qui n'ont pas de matériel informatique", a-t-elle regretté.

franceinfo : À votre connaissance, la plateforme Parcoursup a-t-elle été perturbée par cette épidémie de coronavirus ?

Orlane François : Des chiffres qu'on a eus, en tout cas, qui ont été communiqués par le ministère, le nombre de vœux a été comme l'année dernière, voire un peu plus supérieur. On va rentrer dans une période qui va être essentielle, il va falloir scruter cela. Il faudra être très vigilant parce qu'on sait qu'on a des lycéens qui sont dans des zones blanches, qui n'ont pas Internet, qui n'ont pas de matériel informatique et qui étaient sur des ordinateurs du lycée. Et là, ils vont être dans de grandes difficultés. Il faut que les lycées fassent ce travail d'identifier, si ça n'a pas encore été déjà fait, ces lycéens qui sont en difficulté informatique et matérielle. La situation est, au-delà de perturbée, très stressante pour les jeunes qui se retrouvent dans une situation inédite, qui ont déjà eu une année un peu compliquée, notamment avec les mouvements sociaux qu'on a eu en décembre et en janvier. On est forcément dans une année bien particulière et c'est pour ça qu'il y a un gros travail à faire sur l'accompagnement humain, également à distance. On a vu depuis le début du mois de mars les inégalités d'accès à l'enseignement à distance, ça ne va pas se résoudre du jour au lendemain, donc on attire vraiment l'attention sur ces lycéens qui sont isolés, qui ne sont pas accompagnés ou qui ne peuvent pas être accompagnés et qui vont forcément avoir des comportements qui sont inhabituels.

Il y aura probablement plus de bacheliers cette année, au vu des consignes de bienveillance données par le ministère. Est-ce que tout le monde pourra être accueilli à l'université l'an prochain ?

C'est la question qu'on se pose tous les ans et tous les ans on rencontre un problème récurrent dans l'enseignement supérieur, c'est la question du budget pour accueillir l'ensemble de ces jeunes. Au-delà de la place dans les salles d'enseignement, il y a surtout la question du nombre d'enseignants. C'est un vrai sujet qui n'est pas nouveau mais qui va venir encore une fois, sans doute, perturber la rentrée. Il faut garantir à chaque lycéen une place dans son choix. Et ça, c'est un travail qu'on va faire dans les prochains mois pour s'assurer que les lycéens, comme la loi le prévoit, puissent avoir l'accès à l'information de leur choix.

Comment se déroulent les partiels en cette fin d’année scolaire ?

C'est variable selon les universités. On avait demandé à ce qu’un cadrage national soit établi pour définir des modalités. C'est une situation exceptionnelle, donc, pour nous ça aurait nécessité une réponse exceptionnelle sur ce volet-là, mais ça n'a pas été fait et donc on se retrouve avec des universités ou des formations où on a des examens en ligne de telle heure à telle heure et surveillés et où se posent de vrais problèmes d'accès à certains publics, à certains étudiants. On a une crainte sur la question de la réussite, sur la question du décrochage. On a alerté le ministère depuis le début du confinement, on continuera à le faire et on travaille avec des équipes d'élus locaux pour faire en sorte que ça se passe bien.

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