Parcoursup : "46 000 candidats étaient toujours en attente" début septembre et non quelques milliers, dénonce un journaliste

Une élève en Terminale L à Poitiers (Vienne) attend les premiers résultats de Parcoursup, le 22 mai 2018.
Une élève en Terminale L à Poitiers (Vienne) attend les premiers résultats de Parcoursup, le 22 mai 2018. (MARIE-CORALIE FOURNIER / FRANCE-BLEU POITOU)

Guillaume Ouattara, journaliste à Campus Channel et opposant à Parcoursup, a contesté, vendredi sur franceinfo, les chiffres avancés par la ministre de l'Enseignement supérieur qui parle de 2 500 candidats inscrits sur la plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur sans affectation à ce jour.

La plateforme Parcoursup ferme dans la soirée du vendredi 21 septembre, alors que 2 500 élèves n'ont toujours pas d'affectation pour cette année scolaire selon le ministère de l'Enseignement supérieur. C'est 1 000 lycéens de moins qu'avec l'ancienne plateforme APB selon le ministère. Invité vendredi de franceinfo, Guillaume Ouattara, journaliste à Campus Channel et opposant à Parcoursup, dénonce "de la communication" et avance d'autres chiffres.

franceinfo : Quel bilan tirez-vous de cette première année de Parcoursup ?

Guillaume Ouattara : Les candidats et les observateurs attendaient beaucoup de cette nouvelle plateforme. Il y avait un chiffon rouge autour d'APB, on nous avait dit que la plateforme dysfonctionnait, qu'il y avait beaucoup trop d'élèves sur le carreau. Quand on regarde juste les chiffres, on se rend compte que Parcoursup, à mon sens, fait pire et a laissé plus d'élèves sur le carreau cette année. Donc, tout ça pour ça. Beaucoup de complexité pour les élèves, beaucoup de délais d'attente. On se rend compte que Parcoursup n'a pas fait mieux que son prédécesseur.

Le ministre dit pourtant que moins d'élèves restent sans affectation. Qu'est-ce qui vous permet de dire qu'il y en a davantage ?

C'est la manière dont le ministère communique sur les chiffres, mais c'est très compliqué. Pour faire simple, quand le ministère parle de 3 500 ou de 2 500 élèves plus récemment, il ne compte que ceux qui ont eu le bac cette année. Mais il y a aussi des élèves qui étaient en réorientation, qui n'ont rien eu. Ils sont près de 4 000. On monte donc déjà le chiffre autour des 6 000 élèves sans orientation. Et il faut ajouter à ça que le ministère ne comptabilise que les candidats qu'il appelle les candidats actifs. Il y a deux critères pour être un candidat actif : soit on a contacté son rectorat pour être suivi, soit on a fait des vœux sur la procédure complémentaire. Du point de vue des chiffres et du point de vue du ministère, ils ne sont plus comptabilisés comme actifs alors même qu'ils cherchent une orientation.

Mais, il faut savoir qu'il y avait à peu près 39 000 candidats qui étaient inactifs au 5 septembre. Quand on contacte les candidats qui étaient en attente et qui sont considérés comme inactifs, ils nous disent : "Je n'ai pas contacté mon rectorat et je n'ai pas trouvé de vœu intéressant sur ma procédure complémentaire." Ils ne sont donc pas sortis de la plateforme, ils veulent toujours intégrer l'enseignement supérieur.

À quel chiffre arrivez-vous pour le nombre de personnes en attente ?

Quand on prend les chiffres du 5 septembre, le ministère communiquait autour des 3 500 candidats bacheliers toujours en attente. Le chiffre que j'avais moi était plutôt 46 000 candidats qui étaient toujours en attente. Tout l'été, ça a été beaucoup de communication comme ça. Ces catégories ont été créées au milieu de l'été. Un peu comme les chiffres du chômage, on compte les catégories A, etc. C'était la même chose avec Parcoursup. Il y a eu une volonté d'amoindrir un petit peu ce qui était en train de se passer.

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