Lycéens en garde à vue à Paris : les avocates réclament des explications au procureur sur les irrégularités de la procédure

Une poubelle incendiée lors d\'un blocage devant le lycée Maurice-Ravel, à Paris, le 31 janvier 2020.
Une poubelle incendiée lors d'un blocage devant le lycée Maurice-Ravel, à Paris, le 31 janvier 2020. (JEROME GILLES / NURPHOTO)

Après les gardes à vue de plusieurs lycéens parisiens, en marge des manifestations contre la réforme du baccalauréat, trois avocates annoncent vouloir écrire au procureur pour demander des explications sur les irrégularités. Les familles dénoncent des humiliations.

Trois avocates des lycéens franciliens placés en garde à vue en marge de blocus devant leurs lycées vendredi 31 janvier et lundi 3 février, ont annoncé, dimanche lors d'une conférence de presse, qu'elles allaient écrire une lettre au procureur de Paris pour demander des explications sur les irrégularités de la procédure.

Avocats et parents dénoncent un "emballement"

Certains des élèves de sept lycées d'Ile-de-France étaient présents dimanche à la mairie du 2e arrondissement de Paris, aux côtés de leurs parents et leurs avocats, pour dénoncer un "emballement" des forces de l'ordre et une réponse "totalement disproportionnée".

"26 heures de garde à vue pour un feu de poubelle. Cela me semble disproportionné", témoigne la mère d'un adolescent en classe de première, scolarisé dans un lycée du 20e arrondissement de Paris. Lors de sa garde à vue, son fils "a vomi à plusieurs reprises dans sa cellule", raconte-t-elle. "Et lorsqu'il demande de l'aide, on lui répond d'arrêter et de fermer sa gueule sans se préoccuper de pourquoi il appelait."

Un sentiment d'humiliation

Elle raconte encore que son fils a eu l'impression d'être "humilié" en allant aux toilettes. "Il a demandé du papier toilette. C'est déjà suffisamment humiliant de faire ses besoins sous une caméra, puisque la cellule est sous caméra. Mais qu'on lui dise qu'on va lui ramener du papier toilette et que le papier toilette n'arrive jamais…" Elle s'interroge : "Pourquoi on peut traiter quelqu'un comme ça ?"

Entre le 28 janvier et le 7 février à Paris, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, plusieurs blocus d'établissements ont eu lieu pour contester la réforme du baccalauréat et la mise en place des épreuves communes de contrôle continu.
Quatre lycéens avaient été placés en garde à vue plus de 24 heures pour des feux de poubelles. Trois d'entre eux ont fait l'objet d'une mesure de réparation pénale.

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